Comment la « guerre civile » dans la communauté bitcoin a transformé la cryptomonnaie en « or digital »

« Nous avons besoin que le Congrès franchisse une nouvelle étape en adoptant une version équitable du Clarity Act », a-t-il lancé, avant de promettre que le texte permettrait aux États-Unis de « garder une longueur d’avance sur la Chine » et d’ouvrir la voie à « la prochaine vague d’innovation ».

Pourquoi le Clarity Act peut changer la donne ?

Pour comprendre l’importance de l’adoption de cette loi, il faut voir ce qui ne va pas dans le secteur des cryptomonnaies. Et le problème américain tient depuis des années en une question : qui surveille quoi ?

La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de Wall Street, estime que certains cryptoactifs doivent être traités comme des titres financiers. La CFTC (Commodity Futures Trading Commission), elle, supervise plutôt les matières premières. Et entre les deux, tout un pan du marché évolue dans une zone grise.

Le Clarity Act essaie justement de mettre un peu d’ordre là-dedans. Il doit préciser quels cryptoactifs relèvent de la SEC, lesquels passent plutôt sous la surveillance de la CFTC et quelles règles doivent respecter les plateformes qui les proposent.

Pour les entreprises crypto, c’est exactement le sujet. Car une règle imparfaite mais claire vaut souvent mieux qu’une règle que personne ne sait vraiment interpréter. Surtout lorsqu’on essaie de convaincre des banques, des gestionnaires d’actifs ou de gros investisseurs de placer des milliards dans le secteur.

Le géant des cryptos Binance a livré les données de clients aux autorités russes

Le bitcoin n’est d’ailleurs pas le premier concerné. Son statut est déjà relativement clair aux États-Unis, où il est considéré comme une matière première numérique. Ce que le marché célèbre actuellement, c’est surtout la possibilité de voir tout l’écosystème qui l’entoure sortir d’années d’incertitude.

Rien n’est joué

Donald Trump a beau faire le forcing, le Clarity Act n’est pas à deux signatures de devenir une loi. La Chambre des représentants l’a bien adopté en juillet 2025, assez largement même, par 294 voix contre 134. Des dizaines de démocrates avaient voté avec les républicains.

Puis le texte est arrivé au Sénat et les ennuis ont commencé. Il y a notamment la bataille autour des stablecoins, ces jetons dont la valeur suit généralement celle du dollar. Les banques voient d’un très mauvais œil la possibilité pour les plateformes crypto de rémunérer l’argent placé dans ces produits. Elles redoutent de voir une partie des dépôts bancaires filer vers Coinbase et consorts.

À ce stade, le discours de mercredi ne change donc rien juridiquement. Politiquement par contre, cela met une certaine pression sur le Sénat.

Trump n’est pas le seul responsable

Il serait pourtant un peu facile de raconter que Donald Trump a parlé et que, dans la foulée, le bitcoin s’est envolé. Quelques heures plus tôt, le Trésor américain a annoncé qu’il allait augmenter ses rachats de certaines obligations à long terme. Il a contribué à faire baisser les rendements américains, après plusieurs semaines de forte tension.

La hausse des taux d’intérêt doit-elle faire peur ?

Pourquoi le bitcoin s’en soucie-t-il ? Parce que lorsque les obligations américaines rapportent, il devient plus tentant de placer son argent dans ces actifs relativement sûrs plutôt que dans quelque chose d’aussi imprévisible qu’une cryptomonnaie. Et lorsque les taux redescendent, le raisonnement s’inverse.

Entre-temps, la hausse du bitcoin a pris de l’ampleur toute seule. Beaucoup de traders avaient parié sur une poursuite de la baisse de la cryptomonnaie. Lorsque le cours est reparti à la hausse, certains ont dû racheter leurs positions pour limiter leurs pertes. Et, forcément, ces achats ont poussé le bitcoin encore un peu plus haut.

Le discours de Trump est donc tombé au bon moment. Il a surtout donné une raison supplémentaire de croire au rebond à un marché qui venait déjà de changer de direction.