En 1968, il a déclaré à un journaliste : « Les coureurs sont devenus paresseux. Ce sont des princes arrogants, alors que leurs performances sont médiocres. Si j’étais correctement préparé, je pourrais encore tous les battre. »

Verbeeck a ainsi décidé de revenir dans le peloton et a rejoint l’équipe Okay-Diamant. Parallèlement à ses tournées de livraison de lait, il s’entraînait intensément, dans les côtes près de Louvain, développant ainsi la puissance explosive nécessaire pour affronter les côtes flamandes.

En 1969, Verbeeck a remporté pour la première fois le Grand Prix Jef Scherens ? une course disputée à Louvain où il détient le record avec quatre victoires ? ainsi que le Circuit des régions flamandes.

L’hiver suivant, il a parcouru 7 000 kilomètres à vélo, un exploit inédit à l’époque, en suivant le programme d’entraînement détaillé. Courant pour l’équipe Geens-Watney en 1970, le coureur originaire du Brabant flamand remporta d’emblée le Circuit Het Volk (aujourd’hui devenu Circuit Het Nieuwsblad) et fut, après Eddy Merckx, sans doute le coureur le plus régulier sur les classiques du printemps des années ’70.

En 1971, Verbeeck remporta notamment des étapes aux Quatre Jours de Dunkerque et au Tour du Luxembourg, mais son plus grand exploit fut sa victoire dans l’Amstel Gold Race. L’année suivante, il triompha de nouveau dans le Circuit Het Volk et enrichit son palmarès de victoires d’étapes sur les épreuves exigeantes du Dauphiné Libéré et du Tour de Belgique.

En 1973, à l’instar de Raymond Poulidor, Verbeeck termina à plusieurs reprises deuxième derrière Merckx ? notamment de justesse lors de Liège-Bastogne-Liège, la photo-finish étant nécessaire pour les départager. La situation s’inversa toutefois lors du championnat de Belgique à Soumagne. Cette même année, il remporta également des étapes sur le Dauphiné, les Quatre Jours de Dunkerque et Tirreno-Adriatico.

La Flèche Wallonne 1974 marqua l’une de ses plus belles victoires dans une classique. L’année suivante, il ajouta l’E3 à son palmarès.

C’est toutefois le Tour des Flandres qui reste le plus vivement ancré dans la mémoire collective de l’année 1975. À 104 km de l’arrivée, Merckx s’échappa dans l’ascension du Vieux Quaremont. Verbeeck lutta avec acharnement pour s’accrocher à la « locomotive de Bruxelles », parvenant à tenir bon, non sans peine et grâce à une certaine clémence de Merckx, jusqu’à Denderwindeke, juste avant la ligne d’arrivée à Meerbeke. S’adressant à Fred De Bruyne, journaliste cycliste de la BRT, Verbeeck prononça ces mots restés célèbres : « J’ai terriblement souffert… Il (Merckx) roule cinq kilomètres heure trop vite pour nous. »

Avant de s’imposer sur la Flèche Brabançonne et le Course des raisins d’Overijse en 1977, Verbeeck avait déjà remporté le Grand Prix de l’Escaut l’année précédente tout comme son deuxième Tour du Luxembourg.

À 36 ans, il mit un terme définitif à sa carrière de cycliste fort de 66 succès tout en restant impliqué dans ce sport. « Nous allons concevoir les meilleurs vêtements de cyclisme au monde », déclara-t-il avec audace. Il devint d’abord importateur de la marque italienne de vêtements cyclistes Santorini avant de fonder Vermarc. Reprise par la suite par son fils Marc, l’entreprise est devenue un fabricant majeur de vêtements de sport. De nombreuses équipes cyclistes portent des maillots confectionnés par cette société basée à Wezemael, également active dans le triathlon, l’athlétisme et autres disciplines sportives.