Le seul smartphone qui vous comprend (même quand vous êtes confus)
Comme souvent avec Google, les nouveautés les plus intéressantes sont logicielles. Et c’est bien normal : le cœur de business du géant américain, ce sont les services en ligne et les applications, désormais orchestrés par Gemini Intelligence, l’une des IA les plus performantes du marché, si pas la plus performante pour le grand public.
La première nouveauté, c’est « Dictée améliorée » (Rambler en anglais, qui évoque les verbes « divaguer » ou « radoter »). Le principe est simple : en activant cette option intégrée au clavier Google (Gboard version Pixel 11, donc), le bouton de saisie vocale, que j’utilisais déjà auparavant, devient un assistant redoutable pour transformer votre parole en texte clair et structuré. En réalité, c’est de l’IA : vous pouvez donc ajuster et corriger votre parole en cours de route. Exemple, si vous dictez ce message à un ami : « salut, euh, je serai au restaurant à, euh, 10h15, euh non 11h15 on se voit là-bas », Google va écrire : « Salut. Je serai au restaurant à 11h15. On se voit là-bas ». À vous de confirmer ensuite l’envoi.

Un bouton « dictée » qui a gagné la petite étoile de l’IA : vous ne devez plus soigner votre discours, Google s’en charge – RTL info
Google ressuscite la LED de notification à quoi sert HiLight ?
Les plus anciens d’entre nous se souviennent des petites LED de notification sur la face avant de l’écran, que certaines marques ont exploité il y a une dizaine d’années. On pouvait parfois en personnaliser la couleur, et lui assigner un certain type de notification (exemple : deux clignotements rouges pour un nouveau message de votre meilleur ami).
Avec HiLight, Google « vous aide à rester concentré sans regarder votre écran ». C’est le discours de Google, qui se soucie donc de notre temps d’écran quotidien, en hausse constante, pour le meilleur ou pour le pire. HiLight, c’est donc un flash/lampe torche 2.0, un concentré de petit LED qui permet donc des jeux de lumières plus sophistiqués à l’arrière, quand le téléphone est retourné. Actuellement, cependant, c’est assez limité : différentes ondulations colorées en fonction de votre dialogue avec Gemini, l’IA conversationnelle quand on l’utilise en mode « Live », c’est-à-dire une conversation orale fluide et naturelle. Deuxième utilité : des lumières discrètes lorsque vos contacts favoris vous appellent, ce qui vous permet de laisser le téléphone en mode silencieux (activation automatique quand on retourne le smartphone sur une surface plane), sans rater des coups de fil importants.

Google a promis que HiLight allait gagner en utilité avec de prochaines mises à jour – RTL info
Parmi les meilleures photos possibles sur un smartphone
À 1300 euros, le Pixel 11 Pro XL se doit d’offrir une expérience photographique irréprochable, et sur ce point, je dois admettre qu’il déçoit rarement. Son triple capteur arrière est d’une cohérence remarquable : le capteur principal de 50 Mpx fait des merveilles, l’ultra-grand-angle de 48 Mpx bénéficie enfin de l’autofocus, et le téléobjectif 5x de 48 Mpx profite d’un capteur bien plus grand (1/1,95 pouce) qui capte 30 % de lumière en plus. Ce dernier permet de réaliser des zooms 10x de qualité « optique » par recadrage, même si la fonction de super zoom numérique poussée jusqu’à 120x commence à trop abuser des artifices de l’IA. En résumé : du mode portrait au zoom x10, les Pixel 9 Pro affichent des résultats excellents, bien aidés par la partie logicielle de traitement pré et post prise de vue, une des spécialités de Google depuis longtemps. Cependant, des fleurons technologiques comme l’Oppo Find X9 Ultra, que j’ai essayé récemment, sont un cran au-dessus (au niveau du tarif également).

Un trio de capteurs très efficace – RTL info
La grande nouveauté qui m’a conquis s’appelle « Camera Looks » : des styles de traitement d’image prédéfinis (Original, Natural, Shadows, Vanilla) appliqués directement au pipeline de capture. Cela permet d’adoucir la netteté et de baisser le HDR agressif typique de Google pour donner un rendu plus organique et chaleureux, très proche des simulations de films argentiques. De plus, le mode « Instant Night Sight » s’est révélé incroyablement rapide et efficace pour immortaliser des scènes nocturnes en un clin d’œil.

À gauche : le traitement « local », donc beaucoup plus rapide, des photos de pénombre – RTL info
Néanmoins, tout n’est pas parfait dans ce tableau à plus de mille euros. La fonction « Magic Capture », une troisième nouveauté logicielle intéressante après « Rambler » et « HiLight », est censée extraire les meilleures photos à partir d’une courte vidéo, m’a laissé un peu sur ma faim avec des résultats assez inégaux et une qualité vidéo moyenne. De manière générale, la vidéo reste le parent pauvre du Pixel. L’appareil photo du Pixel 11 Pro XL est donc incontestablement l’un des meilleurs du marché pour les photos instantanées, mais ses fonctions vidéo n’évoluent pas assez pour justifier pleinement l’envolée tarifaire.
Sous le capot : une belle autonomie mais une performance pure en retrait
Au-delà de ces deux fonctionnalités pratiques ou amusantes, et de la partie photo au top, ouvrons les entrailles de la nouvelle bête de Google. Le constat est en demi-teinte. D’un côté, l’entreprise américaine propose un écran OLED de 6,8 pouces absolument somptueux, d’une définition de 2992 x 1344 pixels, dont la luminosité atteint un pic impressionnant de 3600 nits, rendant la lisibilité en plein soleil tout simplement parfaite.
Sous la dalle, on retrouve la puce Tensor G6 associée au coprocesseur de sécurité Titan M3, ainsi qu’un nouveau modem MediaTek qui règle enfin les problèmes historiques de chauffe et de réseau des anciens modèles. Grâce à cela, la batterie de 5.115 mAh (pourtant légèrement plus petite que celle de l’an dernier) se montre d’une efficacité redoutable : elle m’a offert l’une des meilleures autonomies jamais constatées sur un Pixel, capable d’encaisser de longues journées d’utilisation intensive sans faiblir (on peut tirer jusqu’à deux journées complètes en cas d’utilisation peu intensives de l’appareil).

Pas encore de « dossier élargi », mais de nombreux widgets disponibles pour personnaliser vos écrans d’accueil – RTL info
Cependant, la pilule est plus amère concernant la mémoire vive. Pour ce modèle vendu à un tarif très élevé (à partir de 1.399 € pour la version XL), Google a opéré une petite régression : la version de base de 256 Go ne propose plus que 12 Go de RAM, contre 16 Go sur la génération précédente. Pour retrouver ces 16 Go de RAM, il faut obligatoirement se tourner vers les onéreuses versions 512 Go (1.529 €). Google se défend en pointant du doigt la hausse des coûts des composants due aux besoins colossaux de l’industrie de l’IA, mais pour l’utilisateur exigeant, cela reste décevant.
Côté performances, si l’interface est d’une fluidité irréprochable au quotidien, la puce Tensor G6 avoue vite ses limites sur le plan de la puissance brute et du jeu vidéo, restant en retrait des puces haut de gamme concurrentes de chez Snapdragon. Soyons clairs : ça ne concerne que les amateurs exigeants de jeux vidéo gourmands en ressources (tous ceux auxquels j’ai l’habitude de jouer, plus « casual », ne m’ont posé aucun problème).

Pixelsnap, mis en avant ici par la coque qui accentue l’effet de l’aimant interne, permet d’utiliser une large panoplie d’accessoires – RTL info