Le soleil n’est pas à bannir, mais l’exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) représente un véritable facteur de risque pour la santé de la peau. Entre les idées reçues sur le bronzage, les coups de soleil et la crème solaire, il est parfois difficile de savoir quels gestes adopter. Une chose est certaine : les coups de soleil répétés, notamment pendant l’enfance et l’adolescence, augmentent le risque de cancer de la peau, en particulier de mélanome. 

Soleil, coups de soleil et crème solaire : ce que disent vraiment les études

Entre ceux qui présentent le soleil comme un danger absolu et ceux qui considèrent la crème solaire comme inutile, difficile de s’y retrouver. Pourtant, les données scientifiques permettent de nuancer le débat : le principal danger vient de la surexposition aux rayons ultraviolets (UV), et notamment des expositions intenses provoquant des coups de soleil.

Coups de soleil : un facteur important de risque de mélanome

Une analyse publiée dans l’European Journal of Cancer en 2005, portant sur 57 études, a montré une association entre les coups de soleil et une augmentation du risque de mélanome. Les épisodes répétés de brûlure solaire, notamment lorsqu’ils surviennent pendant l’enfance, constituent un facteur de risque particulièrement important.

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Quel profil de personne est le plus à risque ?

Le profil typique n’est donc pas forcément celui d’une personne exposée quotidiennement au soleil dans le cadre de son travail. Les expositions intermittentes et intenses, comme plusieurs jours de soleil très important après une longue période passée à l’intérieur, peuvent conduire à des doses élevées d’UV en peu de temps.

Cela ne signifie pas pour autant qu’une exposition régulière serait sans danger : les UV restent cancérogènes, et la dose cumulée au cours de la vie compte également.

Faut-il alors éviter complètement le soleil ?

Pas question non plus de tomber dans l’excès inverse. Une étude suédoise publiée dans le Journal of Internal Medicine en 2016, portant sur 29 518 femmes suivies pendant environ 20 ans, a observé une association entre la privation du soleil et une mortalité plus élevée. Les auteurs estimaient que la différence d’espérance de vie pouvait atteindre 0,6 à 2,1 ans selon les habitudes d’exposition.

Mais attention : il s’agit d’une étude observationnelle. Elle montre une association et ne permet pas de conclure que le manque de soleil est directement responsable de cette différence. Ce n’est donc pas une raison pour rechercher volontairement une exposition importante aux UV.

Comment se protéger efficacement du soleil ?

Pour limiter les risques, la protection ne repose pas uniquement sur la crème solaire. Les gestes essentiels sont :

chercher l’ombre, 

porter un chapeau, 

des vêtements couvrants 

des lunettes de soleil 

Ils permettent de réduire directement la quantité d’UV reçue par la peau.

La crème solaire vient en complément pour les zones qui restent découvertes. Elle est efficace lorsqu’elle est correctement appliquée, mais elle ne doit surtout pas donner l’impression que l’on peut rester beaucoup plus longtemps au soleil.

La crème solaire réduit-elle vraiment le risque de mélanome ?

L’essai de Nambour, mené en Australie et publié dans le Journal of Clinical Oncology en 2011, apporte des données intéressantes. Les participants qui appliquaient quotidiennement une protection solaire ont présenté moins de mélanomes que ceux qui utilisaient la crème solaire selon leurs habitudes. Pour les mélanomes invasifs, la réduction observée était de l’ordre de 73 % dans cette étude. Ce résultat ne signifie évidemment pas que la crème solaire protège à 100 % contre le cancer de la peau. Son utilisation doit être complémentaire à une protection globale et à une exposition modérée.

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Le protocole soleil du Dr Addor : 6 conseils pour mieux s’exposer

Le Dr Guénolé Addor est un médecin suisse spécialisé notamment en anesthésiologie et en médecine de la longévité et régénérative. Il défend une approche personnalisée de la santé, qui prend notamment en compte l’exposition solaire, le mode de vie et les caractéristiques individuelles.

Voici les principaux conseils associés à son approche de l’exposition au soleil, avec une précision importante : Il faut toutefois garder à l’esprit que certaines recommandations, notamment concernant la durée d’exposition, doivent être adaptées à chaque personne : le phototype, la saison, la latitude et l’indice UV influencent directement la quantité de rayonnement reçue par la peau.

1. Une exposition progressive au printemps

Lorsque les beaux jours reviennent, l’idée est de reprendre progressivement les expositions plutôt que de passer brutalement d’une peau peu exposée à plusieurs heures au soleil. La durée doit être adaptée à son phototype et aux conditions d’ensoleillement. Le Dr. Addor explique que “le soleil est un médicament. Tout est dans la dose et le rythme.” Les recommandations dermatologiques préconisent également une exposition progressive, particulièrement pour les peaux claires.

2. Ne jamais aller jusqu’au coup de soleil

La règle essentielle est simple : ne pas laisser sa peau rougir. Un érythème ou un coup de soleil traduit une exposition excessive aux UV et s’accompagne de dommages cellulaires. Les coups de soleil répétés constituent notamment un facteur de risque du mélanome, raison pour laquelle il faut interrompre l’exposition et se mettre à l’ombre dès que nécessaire.

3. Profiter de la lumière naturelle le matin

Le Dr Addor recommande également de profiter de la lumière du matin, notamment pour favoriser une bonne synchronisation du rythme circadien. Il faut cependant distinguer l’exposition à la lumière naturelle de la recherche d’une exposition aux UV : sortir à la lumière du jour ne signifie pas qu’il faut volontairement bronzer.

4. Utiliser une protection solaire lorsque les UV deviennent importants

Lorsque l’exposition est importante (plein soleil, milieu de journée, altitude, bord de mer, tropiques ou forte réverbération) la protection doit être renforcée. Les autorités sanitaires recommandent une protection contre les UVA et UVB, avec un SPF d’au moins 30, en complément de l’ombre et des vêtements.

5. Pas de cabines UV

Le bronzage artificiel en cabine UV est à éviter. Les appareils de bronzage émettant des ultraviolets sont classés cancérogènes pour l’être humain. Il n’existe donc pas de « préparation » sûre de la peau grâce aux cabines de bronzage.

6. Une surveillance renforcée pour les peaux à risque

Les personnes ayant une peau très claire, de nombreux grains de beauté ou des antécédents personnels ou familiaux de cancer cutané doivent être particulièrement vigilantes. Il est important de surveiller régulièrement l’apparence de ses grains de beauté et de consulter en cas de modification inhabituelle. Un suivi dermatologique peut être recommandé selon le niveau de risque individuel.