Vous avez deviné, les avocats entrent en scène et une poursuite judiciaire est enclenchée.

Vous ne connaissez peut-être pas le groupe de metal chrétien Demon Hunter, de Seattle, même si la bande du chanteur Ryan Clark chasse les démons depuis 2002 et a lancé 13 albums durant cette période.

Par contre, impossible que vous ne connaissiez pas le film d’animation Kpop Demon Hunters (Les guerrières de la K-Pop), dans lequel Rumi, Mira et Zoey, trois membres du groupe K-Pop Huntrix, mènent une double vie comme chasseuses de démons.

Votre fille a très certainement écouté en boucle et fredonné la pièce Golden, ce ver d’oreille gagnant d’un prix Grammy et de trois American Music Awards, qui est tirée du film de langue anglaise le plus populaire de l’histoire de Netflix avec plus de 325 millions de vues.

Le groupe Demon Hunter, de Seattle, n'a absolument rien à voir avec le populaire film lancé par Netflix à l'été 2025.

Poursuite

La compagnie Hyde Lane, Inc., qui gère la carrière du groupe metal Demon Hunter, la trouve cependant moins drôle et a déposé mardi une plainte à la Cour de district de Californie contre Netflix et le promoteur de spectacles AEG Presents LLC, qui prépare une tournée mondiale de concerts dans 150 villes pour Kpop Demon Hunters.

Le groupe accuse Netflix d’avoir usurpé une marque de commerce qu’il utilisait depuis un quart de siècle et qu’il a enregistrée depuis 2022 au bureau des brevets et des marques de commerce des États-Unis et d’avoir ainsi créé de la confusion chez les consommateurs.

«Nous avons été forcés de céder le contrôle de notre identité commerciale simplement parce que les défendeurs ont de plus grandes ressources financières et une plus grande empreinte sur le marché», explique l’avocat John Terhanian dans la poursuite dont Le Soleil a obtenu copie.

Le groupe estime que l’ajout de Kpop, un terme pour désigner la musique populaire de Corée du Sud, n’est pas suffisant pour que le choix de Netflix de baptiser leur film ainsi ne constitue pas une appropriation contraire à la loi sur les marques de commerce, puisque Kpop est un terme descriptif.

«Il ne serait pas plus acceptable de lancer des produits dérivés, des tournées ou des artistes avec des noms comme Kpop Metallica, Kpop U2 ou Kpop Black Sabbath», justifie Me Terhanian.

Confusion

De plus, le groupe de metal chrétien déplore depuis un an la confusion entre sa marque de commerce et celle de Netflix.

En février, Demon Hunter a en effet reçu une demande de remboursement de la part d’une personne qui avait acheté des billets pour un spectacle pour ensuite réaliser qu’il ne s’agissait pas du tout de la tournée Kpop Demon Hunters.

En mars, le producteur de l’émission de télé Inside Edition, sur le réseau CBS, a envoyé un courrier électronique au gérant du groupe metal, Ryan J. Downey, demandant «une entrevue avec le compositeur Yu-Han Lee pour parler avec lui après avoir gagné un prestigieux Oscar».

Pourtant, Yu-Han Lee n’est aucunement associé avec Demon Hunter, mais est plutôt la personne ayant composé la musique de Kpop Demon Hunters qui a remporté un Oscar le 15 mars.

Le groupe de metal chrétien Demon Hunter déplore qu'il soit devenu très difficile pour ses <i>fans</i> de trouver en ligne de l'information ou encore d'acheter des billets ou de la marchandise du groupe, qui se trouve enfoui à travers les millions de publications liées au film <em>Kpop Demon Hunters</em>.

Enfoui

Demon Hunter déplore aussi que, sur Ticketmaster et sur Google, les publications liées au groupe soient enfouies sous les millions de publications liées à Kpop Demon Hunters.

«C’est devenu de plus en plus difficile pour les consommateurs intéressés par Demon Hunter de trouver de l’information et d’acheter des biens et des services liés au groupe», précise Me Terhanian.

La poursuite fait également état des nombreuses reprises metal des pièces du film Kpop Demon Hunters qui pourraient encore davantage laisser croire que Demon Hunters et Kpop Demon Hunters sont affiliés.

Le groupe Demon Hunter souhaite voir le tribunal interdire à Netflix et AEG d’utiliser dorénavant la marque Kpop Demon Hunters ou toute autre marque semblable en plus de réclamer des dommages-intérêts, des dommages punitifs et de réclamer le transfert des gains, profits et avantages reçus de leur conduite contraire à la loi.