L’un est un groupe de métal chrétien venant de la côte ouest des États-Unis, l’autre une animation Netflix réunissant des chanteurs de K-Pop et des forces maléfiques sur fond de mélodies pop entrainantes. Ils ont pourtant un point commun : une partie de leur nom. C’est en raison de cette similarité que Demon Hunter a intenté un procès au géant du streaming américain, à l’origine du succès planétaire KPop Demon Hunters.
Le collectif métalleux originaire de Seattle a, par le biais de son agence Hyde Lane, porté plainte mardi 18 août contre Netflix et le promoteur AEG Presents : il accuse les deux entreprises de contrefaçon et de concurrence déloyale. Les musiciens affirment que Netflix a causé une « confusion considérable » pour le public et créé un « chevauchement quasi total » en proposant, après le succès de KPop Demon Hunters, une tournée et des produits dérivés.
Demon Hunter, auteur de douze albums alliant « des mélodies d’une transcendance audacieuse à une puissance rebelle qui rappelle le metal le plus intemporel », selon son site web, se décrit dans sa plainte comme un « groupe de metal réputé et acclamé » qui n’a cessé, depuis le « tournant du siècle », de « sortir des albums, de partir en tournée et de vendre des produits dérivés à un public nombreux et fidèle ». Le groupe déplore que Netflix et Netflix Studios aient « choisi de sortir un film intitulé KPop Demon Hunters alors qu’ils « connaissaient très certainement l’existence de Demon Hunter », lit-on ensuite, selon le Guardian.
Demon Hunter appuie ses propos de plusieurs exemples. L’un d’eux est un mail d’une Américaine se plaignant d’avoir dépensé 500 dollars pour une soirée de concert à Albany, dans l’État de New York, pensant emmener ses filles de cinq et six ans écouter Golden et le reste des succès de la bande originale. Elle s’est finalement rendu compte qu’il s’agissait d’un tout autre programme. Le groupe affirme également avoir été importuné par l’appel d’un producteur de télévision intéressé par KPop Demon Hunters mais aussi par des internautes qui mentionnaient leur groupe sur les réseaux sociaux alors que leurs discussions relevaient du film.
Demon Hunter demande des dommages et intérêts à Netflix
Formé en 2000, Demon Hunter n’a déposé sa marque qu’en 2022. Netflix a également fait enregistrer KPop Demon Hunters comme marque dans le but de commercialiser des produits dérivés du film. Les musiciens demandent à la société américaine de cesser d’utiliser ce nom pour des enregistrements studio, des tournées ou des produits dérivés ainsi que des compensations financières, dont le montant n’a pas été dévoilé.