1 Dans quel état d’esprit est Pogacar ?
Il vient pour gagner, évidemment, mais sans vouloir se mettre dans le rouge. « Gagner les trois Grands Tours est un grand objectif, un rêve depuis quelques années déjà », a-t-il expliqué jeudi soir à Monaco, lors de la conférence de presse officielle.
Son cinquième Tour de France victorieux s’est toutefois achevé il y a moins d’un mois et sa saison ne s’arrêtera pas le 13 septembre à Grenade, où l’arrivée a exceptionnellement été déplacée en raison du Grand Prix d’Espagne de F1 organisé à Madrid. Les Mondiaux, les Championnats d’Europe en Slovénie puis le Tour de Lombardie l’attendent encore. Ce qui impacte forcément son approche. « Je ne dois pas finir la Vuelta en étant détruit ; je vais devoir être intelligent. »
Pogacar, pour qui la Vuelta débutera dans un environnement familier (il réside à Monaco), devrait donc en garder sous la pédale. Cela ne signifie pas qu’il laissera filer les occasions, mais peut-être qu’il cherchera moins systématiquement à écraser la course. Ou à le faire très tôt, avant de gérer la suite.
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En l’absence de Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel ou Paul Seixas, aucun de ses rivaux au général n’a récemment montré qu’il pouvait évoluer au niveau du Slovène pendant trois semaines.
Le fossé semble même immense. Enric Mas, trois fois deuxième de la Vuelta, a résumé sa pensée en une phrase avant le départ : « Pogacar est le meilleur. Il fera ce qu’il voudra. » Un pessimisme qui peut étonner… ou se comprendre. Pogacar a remporté 19 de ses 37 jours de course en 2026, soit plus d’un sur deux. Et il a enchaîné les grandes victoires (Strade Bianche, Milan-Sanremo, Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Romandie, Tour de Suisse, Tour de France).
Mas sera candidat au podium, tout comme Richard Carapaz, qui refuse pour sa part toute forme de résignation. L’Équatorien, meilleur grimpeur du dernier Tour de France et auteur d’une très solide troisième semaine, rappelle que « la Vuelta peut se gagner ou se perdre n’importe quel jour ».
Aux côtés de Carapaz, la menace la plus crédible s’appelle sans doute Felix Gall. Deuxième du Giro et récent vainqueur du Tour de Burgos, l’Autrichien arrive avec de solides garanties en montagne et une belle régularité sur l’ensemble de la saison. Lui aussi refuse de considérer Pogacar comme intouchable : « Il est humain », a-t-il rappelé avant le départ.

Nos favoris pour la Vuelta ©IPM Graphics / Didier Lorge
Oscar Onley, qui a manqué le Tour suite à une blessure à l’épaule, et Mattias Skjelmose, sixième de la Grande Boucle après avoir montré de belles choses en montagne, peuvent également viser très haut.
Primoz Roglic, quadruple vainqueur de l’épreuve, constitue, lui, l’immense inconnue. Sa préparation a été perturbée et Red Bull-BORA-Hansgrohe prévient qu’il faudra « être réaliste » et évaluer sa forme au fil des jours.
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Un peu partout. Cette Vuelta affiche plus de 58 000 mètres de dénivelé positif, avec de nombreuses occasions de créer des écarts.
Le contre-la-montre de Monaco, long de 9,4 kilomètres, donnera une première indication samedi, avant deux étapes déjà sélectives, puis une quatrième étape explosive en Andorre avec trois cols de première catégorie. L’arrivée à Aitana (étape 9), puis Calar Alto (étape 12) et surtout la Sierra de la Pandera (étape 14) devraient ensuite établir une véritable hiérarchie.
Mais les organisateurs ont gardé le plus dur pour la fin. Le chrono de 32 kilomètres à Jerez, lors de la 18e étape, peut coûter cher aux purs grimpeurs. Dès le lendemain, l’arrivée à Penas Blancas leur offrira une revanche. Puis viendra l’ultime juge de paix : une 20e étape de 187 kilomètres et environ 5 000 mètres de dénivelé, avec l’arrivée au Collado del Alguacil.
Une journée pensée pour renverser la Vuelta à 24 heures de l’arrivée. Une construction qui rappelle celle du dernier Tour de France, lui aussi dessiné crescendo pour maintenir la course ouverte jusqu’au dernier week-end. Mais c’est bien connu : Pogacar rime rarement avec suspense.
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