Aujourd’hui, la calanque cassidaine de Port-Miou a tout d’une carte postale. Une eau turquoise presque immobile, des falaises blanches qui plongent dans la Méditerranée, des pins accrochés à la roche et des interminables rangées de bateaux blancs alignés sur des centaines de mètres. Difficile d’imaginer que dans ce décor paradisiaque a longtemps résonné le bruit des explosions et des machines. Car derrière cette image de petit port préservé se cache une histoire industrielle particulièrement intense.

À partir de 1896, l’entreprise belge Solvay & Cie investit la calanque pour y exploiter son calcaire, indispensable à son procédé de fabrication de la soude. Pendant 85 ans, l’industriel va tirer profit de Port-Miou malgré la mobilisation de plusieurs acteurs locaux, opposés à l’exploitation de la calanque.

Une surexploitation qui dénature la calanque

Remontons dans le temps. Dès la fin du XIXe siècle, le paysage idyllique de Port-Miou se métamorphose peu à peu. Appartenant désormais à l’industriel belge, la propriété de 160 000 m² se trouve activement exploitée chaque jour. Les falaises sont dynamitées, la roche extraite, broyée puis chargée sur des navires à destination notamment de l’…