C’est une tendance de fond, amorcée à partir des années 2010, avec une dénatalité comme le montre ce graphique de Statbel, l’office belge de statistique :

Toutes les régions de Wallonie ne sont pas exposées de la même façon à cette chute du nombre d’élèves. La région de Tournai est l’une des plus concernées, perdant plus de 1000 élèves sur ces 10 dernières années.

Logiquement, le déclin démographique touche d’abord les sections maternelles avant d’impacter le primaire puis de se marquer progressivement en secondaire, comme le montrent les derniers chiffres publiés par l’Iweps.

En maternelle, le décrochage commence dès l’année 2014-2015 et ne s’arrête plus : -10,2 % en dix ans, passant de 146 327 élèves à 131 461, avec une chute plus brutale entre 2019-20 et 2020-21.

En primaire, les chiffres sont en hausse jusqu’en 2017-2018 (269 449 élèves, son pic), puis basculent, avec une perte de -5,8 % depuis ce sommet, avec une accélération nette ces deux dernières années (-1,25 % puis -1,96 %, la plus forte baisse annuelle de la décennie).

Resté stable, voire en légère hausse jusqu’en 2020-2021 (pic à 310 316), le secondaire vient tout juste de basculer : -1,23 % rien qu’en 2024-2025, sa première vraie baisse annuelle.

Les provinces les plus touchées par le recul du nombre d’élèves

Les provinces de Luxembourg et de Namur sont les seules à enregistrer des reculs sur 10 ans aux trois niveaux : maternelle, primaire et secondaire. Ailleurs, le secondaire reste orienté légèrement à la hausse.

Dans les deux cas, le recul obéit à la même logique : maximal en maternelle, il s’atténue à mesure qu’on monte dans les niveaux. En province de Luxembourg, il passe de -8,5 % en maternelle, à -5,8 % en primaire puis -3,5 % dans le secondaire. Dans le Namurois, il est plus prononcé au départ (-9,8 % en primaire) mais s’estompe plus vite ensuite, le secondaire y étant presque à l’équilibre (-1,7 %).

Dans le Hainaut et le Brabant wallon, le secondaire est pour le moment préservé alors que la maternelle recule fortement, le Hainaut affichant même la plus forte baisse de Wallonie à ce niveau (-10,0 %). La province de Liège se démarque plus nettement : seule à limiter la casse en primaire (-0,1 %, contre -3,4 % pour la Wallonie) et plus forte progression du secondaire (+3,7 %).

Ces évolutions sur 10 ans masquent des trajectoires très différentes selon les années, certaines provinces reculent de façon linéaire et progressive depuis 2014, d’autres (comme le Luxembourg en secondaire, ou même Namur dans une moindre mesure) ont connu l’essentiel de leur baisse concentré sur les 2-3 dernières années.

Quelle est l’évolution du nombre d’élèves dans votre commune ?

Cliquez sur notre carte interactive ci-dessous pour connaître l’évolution du nombre d’élèves entre 2024 et 2025 ainsi qu’entre les années scolaires 2014-2015 et 2024-2025. Au-dessus de la carte, vous pouvez sélectionner la section désirée (maternelle, primaire et secondaire).

Comment Wallonie-Bruxelles Enseignement gère l’évolution du nombre d’élèves ?

Cette diminution du nombre d’élèves est suivie et anticipée par Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE). « Les évolutions de la population scolaire sont prises en compte dans nos balises de pilotage et de gestion des établissements scolaires, en ce compris la gestion du patrimoine bâti.

Par exemple, si une implantation, un bâtiment n’accueille plus d’élèves, il arrive qu’il soit vendu et que les fonds ainsi générés soient réinjectés dans d’autres établissements », explique Cécile Marquette, directrice générale adjointe en charge de la communication du WBE.

« De même, dans une logique de bonne gestion, les questions liées à la population scolaire et à son évolution sont prises en compte dans les analyses et réflexions en termes d’investissement, et ce dans une logique de bonne gestion. »

Baisse du nombre d’élèves : un impact financier non-négligeable

En janvier 2026, des chercheurs de l’université de Namur ont analysé l’impact des tendances démographiques sur les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’horizon 2070. Une baisse de la fécondité réduit mécaniquement les dotations fédérales liées à la population jeune, tout en diminuant les besoins en personnel enseignant. Cependant, les auteurs démontrent que la chute des revenus surpasse les économies réalisées sur la masse salariale, aggravant ainsi le déficit budgétaire.