Une étude menée par des chercheurs du College de médecine du Bronx révèle que les octogénaires qui marchent plus vite ont un risque réduit de 51 % de déclin cognitif. La vitesse de marche pourrait être un indicateur crucial pour la santé cérébrale.

Une vaste étude portant sur près de 4000 personnes âgées de 80 ans et plus a observé que celles qui marchaient naturellement plus vite présentaient moins de risques de développer des troubles cognitifs et que leurs capacités mentales déclinaient plus lentement.

Les chercheurs du College de médecine du Bronx, à New-York, ont analysé plusieurs études consacrées au vieillissement. Les participants qui marchaient plus vite que la grande majorité des personnes de leur âge présentaient aussi de meilleurs indicateurs de santé cognitive, avec un hippocampe mieux préservé dans certaines analyses.

Un déclin plus lent de la mémoire et des capacités cognitives

L’étude s’est intéressée à une catégorie d’octogénaires dont la vitesse de marche dépassait d’au moins 1,5 écart-type la moyenne calculée selon leur âge et leur sexe. Leur vitesse de marche atteignait environ 1,29 mètre par seconde chez les hommes et 1,27 mètre par seconde chez les femmes. Elles marchaient donc plus vite qu’environ 93 % de leurs pairs lors des tests des chercheurs.

Le résultat le plus marquant concerne le risque de développer ensuite un trouble cognitif : sur des périodes de suivi comprises entre 3,4 et 5,4 ans, les seniors les plus rapides avaient un risque inférieur de 51 % environ par rapport à celui des autres participants. Les participants marchant le plus vite connaissaient aussi un déclin plus lent de la mémoire et d’autres capacités cognitives. L’étude est observationnelle. Les marcheurs rapides avaient aussi tendance à présenter moins de maladies chroniques, des habitudes de vie plus saines et un âge biologique plus jeune.

Les capacités du cerveau sont mieux préservées

Pour comprendre ce qui pouvait se cacher derrière ces différences, les chercheurs ont également étudié la structure du cerveau. Les participants présentant une mobilité exceptionnelle avaient un volume mieux préservé dans certaines parties de l’hippocampe, une région du cerveau impliquée dans la mémoire.

Toutefois, l’analyse des tissus cérébraux après le décès n’a pas montré de différence concernant les modifications cérébrales liées à la démence. Les personnes qui marchent plus vite ne semblent donc pas échapper aux mécanismes biologiques associés à la maladie d’Alzheimer, mais cela indique que leur cerveau conserve de meilleures capacités de fonctionnement, malgré la présence de ces modifications cérébrales.

Pour les chercheurs, la vitesse de marche pourrait donc servir d’indicateur permettant d’identifier plus tôt certaines personnes âgées susceptibles de présenter un risque accru de déclin cognitif.

Source :

Cognitive Aging and Brain Health, A Comparison of Super Movers vs Nonsuper Movers, Neurology, juin 2026