Cette attaque « constitue une violation flagrante de la souveraineté » de la Syrie « ainsi qu’une atteinte manifeste au droit international, et s’inscrit dans le contexte des attaques répétées d’Israël contre le territoire syrien », a fustigé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
L’armée israélienne a pour sa part indiqué que ses forces avaient tiré dans le sud de la Syrie sur une personne « qui préparait des attaques terroristes, dans leur phase finale », sans l’identifier ni préciser si elle appartenait à un groupe particulier. Les activités de cette personne « constituaient une menace immédiate » pour les soldats israéliens, a-t-elle affirmé.
Israël pointe la « menace » turque après une frappe sur une base syrienne« Pleines d’inexactitudes »
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, s’en est lui pris samedi à l’envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, pour ses critiques contre la précédente attaque menée par Israël en Syrie, qui a visé mardi la base d’Abou Dhouhour.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a implicitement reconnu la frappe et affirmé que la Turquie, alliée des autorités de Damas, cherchait à y établir une présence militaire.
Israël a transmis des « informations de renseignement aux parties habilitées aux Etats-Unis » avant cette frappe, et les critiques de M. Barrack sont « pleines d’inexactitudes et de positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump », a affirmé M. Katz sur X.
Tom Barrack avait condamné ce bombardement mardi, accusant Israël d' »escalade inutile ».
Dans un entretien accordée à l’influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir visé à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d’une manoeuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives du 27 octobre en Israël.
M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan était « occupé » par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par l’Etat hébreu, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.
Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie depuis la chute, en décembre 2024, du président Bachar al-Assad, renversé par une coalition islamiste.
Il a également déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l’ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où il revendique la mise en place d’une « zone de sécurité » qu’il entend maintenir.
Mercredi, depuis ce secteur où il s’était rendu auprès de troupes, le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, avait souligné que l’armée « surveillait l’évolution de la situation sur le front syrien » et ne laisserait « pas des forces hostiles s’implanter » aux frontières d’Israël.
En novembre dernier, à Beit Jinn, les forces israéliennes avaient tué 13 Syriens lors d’une opération qui, selon elles, visait un groupe islamiste. Six soldats israéliens avaient également été blessés dans les échanges de tirs.