Quel est le but de l’association ?

« Le but, avant-tout, est de redonner de l’autonomie aux personnes déficientes visuelles. Pour cela, on a trois piliers : donner des informations sur les pathologies visuelles ; expliquer les solutions qui existent pour pallier ces déficiences visuelles ; et participer à l’achat de matériel via l’association et les dons que l’on récupère. Je fais partie de l’association nationale depuis cinq ans, et j’ai créé et préside l’antenne régionale Grand Ouest depuis début 2026.

On s’aperçoit que des personnes malvoyantes attendent très longtemps avant de trouver quelqu’un qui peut solutionner leurs problèmes de vision. On cherche aussi à créer une synergie autour du patient en créer un lien entre l’ophtalmologue, l’opticien, éventuellement une assistante sociale, une ergothérapeute… »

Quand vous entendez une personne qui grâce à ces technologies, peut revoir le visage de son mari, alors qu’avant elle voyait une tache noire, c’est juste incroyable !Quelles solutions y a-t-il pour permettre aux personnes non-voyantes et malvoyantes de recouvrer de l’autonomie ?

« Il y a des lunettes pour les dyslexiques, des verres pour le daltonisme qui vont augmenter fortement le contraste entre les signaux de couleurs, des systèmes grossissants comme des téléagrandisseurs ou des loupes électroniques… »

Grâce à ce téléagrandisseur, les personnes malvoyantes peuvent grossir jusqu’à 100 fois un document.Grâce à ce téléagrandisseur, les personnes malvoyantes peuvent grossir jusqu’à 100 fois un document. (Le Télégramme/Aurélien Dufour)Et aussi des lunettes qui utilisent l’IA à destination des non-voyants ?

« Exactement, notamment les lunettes connectées : à l’origine, elles étaient utilisées pour filmer, mais elles permettent aussi de décrire l’environnement à la personne qui les porte, grâce à de l’IA.

Il existe aussi les verres Fonda, pour les personnes atteintes de DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge, une malade chronique de l’œil située sur la macula, le centre de la rétine). Elles possèdent une lumière, plusieurs filtres pour régler le contraste, peuvent grossir et dévier la lumière pour décaler l’image sur la rétine encore valide. »

Toutes ces technologies ne sont pas encore remboursées par la Sécurité sociale…

« Non, c’est un peu dramatique. Mais une partie des frais peuvent être pris en charge par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), les CCAS (centres communaux d’actions sociales), les mairies, les conseils départementaux, la caisse de retraite ou la mutuelle. Notre rôle est aussi d’informer les patients sur ces solutions de financements. Des lunettes connectées peuvent coûter jusqu’à 500 €, un téléagrandisseur jusqu’à 4 000 €…»

Comment expliquer que le manque d’information sur ces technologies ?

« Très peu d’opticiens sont formés à la basse vision, moins de 5 %. Il existe des formations dédiées à la basse vision, mais seulement à partir du niveau licence ou master, pas BTS. On incite les jeunes étudiants à se former à la basse vision, car on estime que deux millions de personnes sont atteintes de DMLA en France.

On organise aussi localement différentes animations pour informer directement les patients. Tous les ans, j’organise la Semaine de la basse vision, où les fournisseurs font découvrir leurs produits. On participe aussi à des conférences, comme en mai avec le Lions club, pour faire découvrir ces technologies. »

Ces technologies sont-elles vraiment efficaces ?

« Oui ! Des exemples, on en a plein au quotidien. Une femme a pu reprendre la couture grâce aux lunettes connectées. Quand vous entendez une personne qui grâce à ces technologies, peut revoir le visage de son mari, alors qu’avant elle voyait une tache noire, c’est juste incroyable ! »

Pratique

L’association Faire ça voir propose de présenter les solutions pour pallier les déficiences visuelles au sein d’entreprises, de mutuelles, ou autres. Contacts : tél. 02 98 55 78 21 ; mél. [email protected]. Site Internet : fairecavoir.fr