Un coup de frais sur la planète et sur les marchés financiers. Les Emirats signent un accord avec la Russie et le Canada se rebelle…Mais aussi le « Fibermaxxing »
Le fibermaxxing consiste à structurer son alimentation autour d’aliments riches en fibres — légumineuses, céréales complètes, graines, fruits et légumes — dans le but d’atteindre, voire de dépasser, les apports quotidiens recommandés (environ 25 g pour les femmes et 38 g pour les hommes selon les autorités sanitaires américaines). Or, plus de 90% des femmes et 97% des hommes n’atteindront pas ce seuil.
La tendance repose sur des bénéfices scientifiquement documentés: les fibres soutiennent la digestion, la santé du microbiote intestinal, la régulation de la glycémie, la satiété et même, selon certaines études, la fonction immunitaire et cognitive. Elle est aussi portée par l’essor des traitements GLP-1 (type Ozempic), les fibres étant capables de stimuler naturellement la production de cette hormone de satiété.
Les nutritionnistes saluent globalement cette prise de conscience, tout en mettant en garde contre les excès: une augmentation trop rapide des apports en fibres peut provoquer des troubles digestifs. Le cabinet d’études Mintel note d’ailleurs que la tendance commence déjà à évoluer, en 2026, vers une approche plus nuancée de « diversité des fibres » plutôt que de simple maximisation.
Une tendance déjà intégrée par les géants de l’agroalimentaire
Les grands groupes ont réagi vite. Datassential estime que la fibre est en passe de devenir « la prochaine grande tendance santé » après la protéine, et plusieurs entreprises cotées ont déjà ajusté leurs gammes de produits:
PepsiCo (NASDAQ : PEP) — Le PDG Ramon Laguarta a déclaré lors d’une conférence avec les investisseurs que « la fibre sera la prochaine protéine ». Le groupe a lancé le Pepsi Prebiotic Cola (à la suite de son rachat de la marque Poppi), et prépare des versions enrichies en fibres de ses marques phares : Smartfood Fiber Pop, SunChips Fiber, et des sachets Propel.
The Coca-Cola Company (NYSE : KO) — a lancé Simply Pop, un soda prébiotique contenant 6 g de fibres par portion, en cinq parfums.
Nestlé (SIX : NESN) — a introduit un shake protéiné enrichi en fibres prébiotiques.
Life Time Group Holdings (NYSE : LTH) — la chaîne de clubs de sport et de bien-être communique activement sur la tendance auprès de sa clientèle, en cohérence avec son positionnement santé/longévité.
Les fournisseurs d’ingrédients, grands bénéficiaires potentiels
Si les marques grand public captent l’attention médiatique, une partie des observateurs de marché — dont Bloomberg — souligne que ce sont peut-être les fournisseurs d’ingrédients qui profitent le plus directement de cette dynamique, puisqu’ils vendent les fibres brutes (inuline, polydextrose, fibres solubles de maïs, etc.) que les industriels intègrent ensuite dans leurs produits. Parmi les acteurs cotés les plus cités:
Tate & Lyle plc (LSE : TATE) — ancien raffineur de sucre britannique reconverti dans les ingrédients fonctionnels, dont une large gamme de fibres alimentaires (marque PROMITOR). Le groupe a récemment renforcé son portefeuille prébiotique et fait l’objet d’un rapprochement engagé avec Ingredion.
Ingredion Incorporated (NYSE : INGR) — l’un des leaders mondiaux des ingrédients fonctionnels, actif sur les fibres prébiotiques « clean label » (comme l’inuline de chicorée) et récemment acquéreur de la société Benicaros, spécialisée en fibres prébiotiques.
Archer-Daniels-Midland (ADM) (NYSE : ADM) — géant américain de la transformation agricole, également positionné sur les fibres solubles et les ingrédients de santé digestive.
Kerry Group plc (Euronext Dublin : KRZ / LSE : KYGA) — groupe irlandais d’ingrédients et de solutions nutritionnelles, actif en R&D sur les fibres fonctionnelles.
Koninklijke DSM-Firmenich (Euronext Amsterdam : DSFIR) — acteur des ingrédients santé et nutrition, présent sur le segment des fibres et probiotiques.
Ces entreprises ne dépendent évidemment pas uniquement du fibermaxxing — elles opèrent sur des marchés d’ingrédients bien plus larges (édulcorants, texturants, protéines, etc.) — mais la tendance constitue, selon plusieurs analystes, un vent porteur supplémentaire pour leurs segments fibres/santé digestive.
MAIS…Le fibermaxxing est un phénomène de consommation; son impact réel sur le chiffre d’affaires ou les marges de ces groupes reste marginal comparé à l’ensemble de leurs activités. Pour des groupes comme PepsiCo, Nestlé ou ADM, les produits liés aux fibres ne représentent qu’une fraction de portefeuilles très diversifiés.
Coup d’œil sur les marchés
Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi, retrouvant un peu de couleur après une série de séances tendues en raison de la hausse mondiale du coût de la dette publique et de l’absence de progrès diplomatiques au Moyen-Orient. À Paris, le CAC 40 a gagné 0,37%. À Francfort, le Dax a pris 0,56% et à Londres, le FTSE 100 a progressé de 0,64%. L’indice EuroStoxx 50 a fini sur un gain de 0,56%, le FTSEurofirst 300 de 0,53% et le Stoxx 600 de 0,51%. Sur la semaine, le Stoxx 600 abandonne en revanche 0,64% et le CAC 40 1,76%. Les ressources de base se sont distinguées vendredi parmi les secteur du Stoxx 600, progressant de 2,57% grâce à la hausse des cours de l’or, dans un contexte de faiblesse du dollar américain. Les producteurs d’acier ont également connu une séance favorable, ArcelorMittal terminant sur un gain de 2,3%.
L’activité du secteur privé dans la zone euro a enregistré en août sa plus forte progression depuis novembre, soutenue par une hausse des nouvelles commandes, notamment dans le secteur manufacturier, et par un retour à la croissance des exportations, montre l’enquête préliminaire sur les directeurs d’achat (PMI). La confiance des consommateurs du bloc s’est pour sa part légèrement améliorée depuis le début du mois, selon les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de la Commission européenne. En France, en revanche, l’activité s’est contractée plus fortement que prévu, les récentes vagues de chaleur ayant pesé sur le secteur prédominant des services. Au Royaume-Uni, le secteur des services, moteur de l’économie du pays, a connu une reprise inattendue en août, qui vient s’ajouter aux signes de résilience observés outre-Manche malgré le conflit au Moyen-Orient.
En Suisse, le SMI a fini sur un gain de 0,62%. La filiale américaine de Roche (+1%), Genentech, a quant à elle annoncé la veille étendre ses capacités de production sur le site d’Hillsboro, dans l’Oregon. Environ 750 millions de dollars seront investis pour doubler les capacités sur place. Les poids lourds Novartis (+0,9%) et Nestlé (+0,4%) ont fini du bon côté, quand UBS a perdu 0,5%. Le géant des matériaux de construction Holcim (+0,9%) a annoncé jeudi soir l’acquisition pour quelque 840 millions d’euros du spécialiste allemand des murs et des sols Fermacell. DSM-Firmenich (+0,6%) a engagé une action en justice en Chine contre plusieurs firmes et organisations accusées d’avoir violé son brevet de production du sclaréol, un composé organique de sauge.
Dans la zone euro, les rendements ont fini sur la séance sur une note plus stable, celui du Bund allemand à dix ans progressant à peine pour s’établir à 3,2561%. Celui de l’obligation à deux ans a fini à 2,8378%. En France, le rendement de l’OAT à dix ans a pris 1,4 points de base à 4,1311%. Celui du titre à 30 ans a terminé sur un gain d’environ 2 points de base, à 4,91%.
Le Dollar s’est légèrement raffermi, le Yen s’est stabilisé (vers 159/$), le Franc suisse s’est montré le plus faible (-0,1% face à l’Euro, -0,2% face au $).
Aux Etats-Unis, l’indice Dow Jones Industrial Average a grimpé de 1. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont chacun progressé de 0,4%. Sur l’ensemble de la semaine, le Nasdaq a cédé 2,1% et le S&P 500 a perdu 1,4%, les deux indices enregistrant leur premier repli hebdomadaire après trois hausses consécutives. Le Dow Jones a accusé une perte de 0,9 %, marquant sa deuxième baisse hebdomadaire d’affilée. Les devises numériques continuent en effet de bénéficier du soutien de Donald Trump à un projet de loi d’encadrement du secteur aux Etats-Unis, le CLARITY Act. Dans ce contexte, les plateformes d’échange Coinbase (+8,20% à 170,58 dollars) et Robinhood (+13,70% à 108,13 dollars) ont été particulièrement recherchées. Ailleurs à la cote, le géant de la distribution Target (+4,53% à 165,42 dollars) a poursuivi sur sa lancée après la publication mercredi de bons résultats trimestriels, atteignant vendredi un plus haut depuis plus de deux ans. La chaîne de prêt-à-porter à bas coûts Ross Stores a gagné 4,39% à 239,04 dollars, profitant d’un bilan financier au-dessus des attentes grâce, notamment, au remboursement des droits de douane indûment prélevés en 2025.
La semaine s’achève sur une nouvelle poussée de fièvre sur les marchés obligataires, avec un T-Bond 2036 qui fait un bond de +8,2Pts vers 4,735%, le « 30 ans » s’envole de +8,3Pts vers 5,277%, effaçant tout le bénéfices des annonces de Scott Bessent sur l’augmentation des rachats de dette long terme pour tenter d’empêcher le « 30 ans » de passer les 5,30% et le « 10 ans les 4,7500%.
Les cours du pétrole ont également légèrement progressé, amplifiant la remontée opérée cette semaine. Le contrat d’octobre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex a WTI a terminé en hausse de 0,3%, 87,06 dollars, portant sa progression hebdomadaire à 6,9%. Le Brent a gagné 0,7%, 94,39 dollars, pour un gain hebdomadaire de 6,6%.
Les Émirats arabes unis et la Fédération de Russie ont mis en application leur accord sur le commerce des services et l’investissement, selon un communiqué publié le 22 août 2024. Signé le 8 août 2024 à Moscou, ce cadre bilatéral permettra de faciliter l’accès au marché pour les exportations de services, de renforcer la protection des investisseurs et de dynamiser les partenariats du secteur privé dans les segments de services à forte croissance.
Ce matin en Asie : Le Nikkei affichait une hausse de 0,2% après avoir fluctué entre une progression de 0,4% et un repli de 0,5%. La plupart des valeurs liées à l’IA, qui ont tendance à peser lourdement sur le Nikkei, ont reculé : Fujikura a perdu 3,5% et SoftBank Group a cédé 3,3%. Les fabricants d’équipements pour semi-conducteurs ont toutefois surperformé, à l’image de Tokyo Electron qui a progressé de 2,1%. L’indice élargi Topix a progressé de 0,1%. L’indice Shanghai Composite a ouvert en baisse de 0,4 % alors que l’indice Shenzhen Component a progressé de 0,2%. Les actions sud-coréennes ont chuté de plus de 1%, entraînées par les lourdes pertes de Samsung Electronics, après la déception suscitée par sa politique de rémunération des actionnaires. Samsung Electronics a chuté de 6,31%, après que le fabricant de puces a déclaré la semaine dernière que ses retours aux actionnaires pour cette année pourraient atteindre 110 000 milliards de won (79,55 milliards de dollars), un montant jugé inférieur aux attentes par les analystes. Son concurrent SK Hynix a progressé de 1,91%.
Le dollar canadien a reculé de 0,2% lors des premiers échanges, à 1,3798 dollar canadien pour un dollar, après l’échec des négociations commerciales avec les États-Unis. Les dollars australien et néo-zélandais s’échangeaient juste en dessous de leurs sommets de trois mois, à respectivement 0,7171 $ et 0,5979 $. L’euro se maintenait confortablement au-dessus de 1,16 $, à 1,1685 $, tandis que le yen restait ferme sous le seuil des 159 pour un dollar. La livre sterling était ferme à 1,3650 $ lors des échanges matinaux et le yuan, qui a enregistré la semaine dernière une huitième hausse hebdomadaire consécutive, oscillait près d’un plus haut de trois ans et demi à 6,7222 pour un dollar.
L’or au comptant progressait de 0,5% à 4’627,42 dollars l’once. Parmi les autres métaux, l’argent au comptant a reculé de 0,3%. Le platine a perdu 0,5% tandis que le palladium était en baisse de 0,3%.
Les contrats à terme sur le maïs (+2%) à Chicago ont bondi à un plus haut de trois ans, après qu’une inspection des régions agricoles américaines par des analystes la semaine dernière a révélé que les récoltes étaient dans un état pire que prévu. Les contrats à terme sur le blé ont également progressé (+1,1%), alors que les attaques croisées entre la Russie et l’Ukraine continuent de freiner les exportations depuis les ports de la mer Noire. Le soja a reculé (-0,5%), bien que les prix soient soutenus par une forte demande.
Le contrat à terme sur le Brent a reculé de 94 cents, soit 1%, pour s’établir à 93,45 dollars tandis que le brut américain West Texas Intermediate s’affichait à 86,14 dollars le baril, en baisse de 92 cents, soit 1,06%.
Coup d’œil sur Trump
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi qu’il n’avait pas ordonné au secrétaire au Trésor, Scott Bessent, d’intervenir sur le marché obligataire cette semaine, précisant que le chef du Trésor avait agi de sa propre initiative en s’appuyant sur sa compréhension des enjeux.
Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé samedi des mesures de rétorsion visant l’acier ou les produits laitiers américains après avoir refusé le «mauvais accord» commercial proposé par Washington, qui a aussitôt menacé de surenchérir. «Le Canada veut les avantages d’un État [des États-Unis, NDLR) sans en être un !!!», a écrit le président américain sur Truth Social. «Ils ont aussi imposé à nos formidables agriculteurs, pendant de nombreuses années, des montants énormes de tarifs douaniers. Ça suffit !!!», a-t-il ajouté.