Des sonorités eighties et des basses solides, des images qui dépassent le simple exercice de style : la Californienne parvient à convaincre en dépit d’une prod trop lisse.
Une botte écrase le visage de Sofie Royer. Au dos de la pochette, on découvre que c’est l’artiste elle-même qui se la plaque sur la joue. L’image résume assez bien Before/After : une pop qui joue en permanence avec sa propre mise en scène, entre élégance et ironie. Quatrième album, et toujours une impression de bande-son mentale : un disque traversé par des visions américaines – western, motels, errances nocturnes façon Sofia Coppola, tension et mystères hérités de David Lynch.
Sur le plan musical, Sofie Royer continue d’affiner une écriture très appliquée. Les synthés 80’s et les basses du single Sesquicentennial et de Keep On Keeping On posent une atmosphère souple, presque nostalgique. Ailleurs, Auto, Opium et Cowboy Mouth fonctionnent comme des tubes de poche : courts, construits sur peu d’éléments mais avec une vraie tenue mélodique.
De la pop très écrite, construite comme un film
La réserve apparaît surtout dans la production. Entourée de collaborateurs habitués aux standards actuels de la pop, Sofie Royer propose ici un son très propre et contrôlé. À certains moments, cette finition limite le relief du disque, alors que la pop d’aujourd’hui gagne souvent en force dans ses aspérités et ses accidents. Quelques titres auraient ainsi gagné à être moins cadrés.
Before/After trouve néanmoins son point d’équilibre sur des morceaux plus ouverts où les refrains sortent davantage de leur cadre. C’est là que le disque devient le plus convaincant : dans cette pop construite comme un film, très écrite mais capable de laisser passer des images qui dépassent le simple exercice de style, et la quête du tube parfait.
Before/After (Stones Throw/Modulor). Sortie le 4 septembre. En concert à la Gaîté Lyrique, Paris, le 8 décembre.