
par Donatella Ruolo
Publié le 24 août à 08h47
Ajoutez-nous à vos favoris Google
Alors que des milliers d’enseignants retrouvent leurs élèves ce lundi matin, Chrisley Philippart, lui, ne sait toujours pas dans quelle école il travaillera cette année. Une situation paradoxale alors que la pénurie d’enseignants reste au cœur des préoccupations en Fédération Wallonie-Bruxelles. Invité de Martin Buxant sur bel RTL, il raconte sa frustration, mais assure qu’il n’abandonnera pas son métier.
Son réveil a sonné ce lundi matin, mais Chrisley Philippart n’avait aucune école où se rendre. Pas de classe, pas d’horaire et, pour l’instant, aucune certitude concernant son emploi pour cette nouvelle année scolaire. Pour ce professeur de sciences qui enseigne depuis quatre ans, le sentiment qui domine est celui de la frustration. « Quand on se destine à ce métier-là, on espère avoir sa classe du début à la fin de l’année, pouvoir les suivre du début jusqu’à la fin. Et là, cette rentrée scolaire, ce ne sera pas le cas pour moi. »
« Je vais aller m’inscrire au chômage »
La situation prend une dimension très concrète lorsqu’il est question de son salaire. Sans école à laquelle il est actuellement affecté, le jeune enseignant n’a aucune visibilité. « Après cette petite interview, je vais aller m’inscrire au chômage », explique-t-il. Un paradoxe difficile à ignorer : alors que le manque de professeurs est régulièrement pointé du doigt, un enseignant de sciences disponible se retrouve sans classe le jour de la rentrée.
À lire aussi
Pourquoi ? Chrisley Philippart l’explique notamment par les incertitudes auxquelles les établissements sont encore confrontés. Certaines écoles ne disposent pas de leur nombre définitif d’élèves, notamment en raison des examens de passage. Elles ne savent donc pas encore précisément de combien d’enseignants elles auront besoin.
« Je ne compte absolument pas abandonner »
Cette incertitude ne le pousse pourtant pas à renoncer. Alors qu’un jeune professeur sur trois quitte le métier au cours de ses cinq premières années, Chrisley Philippart assure vouloir continuer. « Je vais continuer, je veux être professeur. C’est une vocation. Des difficultés, je pense qu’il y en a dans tous les métiers. Donc, je ne compte absolument pas abandonner maintenant. » Il attend désormais, selon ses propres mots, sa « bonne étoile » pour trouver les classes dans lesquelles il pourra s’investir cette année.
Le jeune professeur dit aussi être davantage préoccupé par les conséquences pour les élèves que par sa situation personnelle. « Chaque élève a besoin d’un enseignant de qualité devant lui. Et j’espère en être un. » S’il est prêt à accepter un poste rapidement, Chrisley Philippart fixe néanmoins une limite concernant les déplacements : environ 30 à 40 minutes de route.
L’enseignant est capable de s’adapterChrisley Philippart, Professeur de sciences
Pour lui, le bien-être de l’enseignant est directement lié à sa capacité à assurer correctement ses cours. Il raconte avoir déjà frôlé l’accident à plusieurs reprises lorsqu’il travaillait à une trentaine de minutes de son domicile. « C’est extrêmement fatigant après une journée de cours où vous devez donner une attention totale à chacun de vos élèves », souligne-t-il. Il insiste également sur le travail qui se poursuit une fois la journée de classe terminée. « Quand je rentre chez moi, je ne suis pas tranquille, je corrige, je prépare mes cours. »
Prêt à prendre une classe en quelques heures
Malgré la frustration, l’incertitude et son inscription au chômage, Chrisley Philippart reste disponible. Si une école l’appelle dans la matinée pour lui demander d’être devant des élèves quelques heures plus tard, sa réponse est immédiate : « Bien sûr. »
Une situation qu’il a déjà connue. « L’année passée, j’avais un rendez-vous à 7 heures et, en fait, on me disait que j’avais une classe à 9 heures. Je n’y étais pas prêt du tout, mais c’est le quotidien d’un enseignant. » Et s’il faut recommencer cette année, il le fera. « On s’adapte, on fait connaissance avec les élèves. Les objectifs de l’année, je les ai. L’enseignant est capable de s’adapter. »
