Néanmoins, The Telegraph affirme qu’il s’agit de la première fois que des pirates informatiques affiliés au régime iranien parviennent à paralyser une telle installation au Royaume-Uni.

Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Royaume-Uni a en effet autorisé les États-Unis à mener des opérations dites « défensives » depuis des bases britanniques abritant des avions américains.

Impact sur l’économie ?

« Quand un terroriste fait exploser une bombe, cela a plusieurs impacts. Dans un premier temps, cela fait peur mais il a aussi un impact réel sur l’économie en fonction de ce qu’il fait exploser comme bombe », compare Olivier Bonaventure, professeur à l’UCLouvain et expert en cybersécurité.

Dans le cas des cyberattaques, ici contre le secteur énergétique, le raisonnement est similaire, explique l’expert. Pour The Telegraph, il est également possible que cet incident ait été conçu pour prouver que des pirates informatiques liés au Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne pouvaient accéder à des systèmes au Royaume-Uni et paralyser des infrastructures sensibles.

La France sous le choc d’un piratage massif de données : « Cela reste très difficile de bloquer des cyberattaques venant d’États étrangers »

À noter que dans un rapport des autorités britanniques, il apparaît qu’en 2025 uniquement, 43 % des entreprises britanniques ont déclaré avoir subi une violation ou une attaque de cybersécurité. Le rapport estime que ces attaques ont coûté environ 14,7 milliards de livres sterling (environ 17 milliards d’euros) au pays.

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« On voit qu’il y a une augmentation du nombre d’attaques hybrides »

Vers davantage de cyberattaques ?

L’affaire britannique n’est toutefois pas un acte isolé. Début août, le New York Times alertait également sur des cyberattaques contre les systèmes d’approvisionnement en eau dans plusieurs États américains. Le président américain Donald Trump avait alors affirmé que ces attaques n’étaient pas l’œuvre des Iraniens mais des experts et des responsables fédéraux sous couvert d’anonymat avaient affirmé au NYT que l’Iran était le premier suspect.

Pour autant, Olivier Bonaventure appelle à replacer ces attaques dans un contexte plus large. « Oui, il y a le Moyen-Orient mais il y a aussi les tensions avec la Russie. Mais, effectivement on voit qu’il y a une augmentation du nombre d’attaques hybrides, où l’on essaye de profiter de vulnérabilités technologiques pour affaiblir l’autre partie », explique-t-il.

En cybersécurité, l’Europe n’est pas condamnée à suivreUne menace déjà identifiée par les autorités britanniques

Le Royaume-Uni avait d’ailleurs déjà averti ses entreprises. Le National Cyber Security Centre (NCSC), l’agence britannique chargée notamment d’accompagner la protection des infrastructures contre les cybermenaces, avait en effet demandé en mars dernier aux organisations britanniques de revoir leur niveau de protection à la suite de l’escalade au Moyen-Orient.

Dans son alerte, le NCSC estimait que les acteurs affiliés à l’Iran disposaient de grandes capacités à mener des opérations informatiques. L’agence soulignait surtout le risque accru de menace pour les entreprises britanniques présentes au Moyen-Orient.