Une sécurité supplémentaire
Pour donner vie à son idée, il a dû demander l’autorisation au constructeur de son véhicule. « Les mécaniciens ont dû ajouter un câble électrique qui est dissimulé dans l’habitable. Cela ne pose aucun problème en termes de respect des normes automobiles. Le boîtier dans le véhicule peut être enlevé. On ne touche pas au châssis. »
L’autre innovation, c’est la présence d’un système d’avertissement des secours en cas d’accident. « C’est différent de ce qui existe aujourd’hui dans certains modèles de voiture. Ici, en cas d’accident, le Domocar émet un signal d’alerte dans le véhicule en demandant aux secours de prendre la clé USB disponible sur le module et dans laquelle se trouve toutes mes informations médicales comme, par exemple, mon groupe sanguin. J’ai également déposé deux QR-codes sur chaque pare-soleil du véhicule. Plus que de me faciliter la vie au quotidien, ce système assure une prise en charge plus rapide et plus efficace des secours. »
Pour ce concepteur, le Domocar, c’est l’aboutissement de plus de 30 ans de passion et d’imagination. « Depuis 1993, je suis plongé dans l’informatique. Je lis, j’étudie et puis je passe des livres à la pratique. C’est grâce à toutes mes créations, au fait que ma maison soit bourrée de domotique, que j’ai pu créer le Domocar. C’est en quelque sorte une suite logique et un aboutissement. »
Preuve qu’il a de la suite dans les idées, Eddy a également mis au point un système de déconnexion si son véhicule était volé. « En étant au volant de la voiture, vous prenez automatiquement possession de ma maison. J’ai donc imaginé une manière de déconnecter le système Domocar à distance. Il faut également entrer un code dans le module pour pouvoir l’utiliser au démarrage du véhicule. D’ailleurs, si je marque une hésitation au moment où je tape les chiffres, le système se verrouille automatiquement. Il faut alors patienter 30 minutes pour tenter une seconde fois sa chance. »
Une mise à jour
L’idée du Gembloutois n’est pas de commercialiser son idée (voir ci-contre). C’est plutôt de montrer qu’il est possible de matérialiser ses idées avec de l’abnégation et de la patience. « Ce que je préfère, c’est le côté technique, d’imaginer et de concevoir un prototype fonctionnel. C’est mon plaisir de dire: j’ai une idée et regardez, elle fonctionne ! » Une passion qui ne s’arrête pas avec le temps et l’âge. La preuve, il travaille déjà sur une nouvelle version du Domocar.
Un tas d’idées depuis 1993
Domocar, ce n’est évidemment pas la première création du Gembloutois. Il y a plus de 30 ans, il présentait sa première idée, révolutionnaire à l’époque, un antivol pour ordinateur. « C’était avant-gardiste. Je suis même passé à la télévision. J’ai eu des contacts avec Siemens pour commercialiser le produit mais ils n’ont pas abouti. »
En 2008, il matérialisait une autre idée : le child watcher. Un système d’émetteur-récepteur pour surveiller les enfants sur la plage. « Mes créations sont toujours liées à un constat : chaque année, des enfants se perdent sur les plages. J’ai donc imaginé un système d’alarme qui se déclenchait si l’enfant s’éloignait à plus de 100 mètres des parents. Le produit n’a jamais été commercialisé mais, quelques mois plus tard, je voyais des copies apparaître sur le marché… »
Certaines de ses créations ont été relayées par la presse, d’autres ont même reçu des prix lors de salons de l’innovation. « J’ai également imaginé un système antivol pour des plaques d’immatriculation, un système anti-héron dans les étangs ou encore des alarmes à l’intérieur d’une voiture pour protéger du vol. En fait, je tente de matérialiser tout ce qui me traverse l’esprit. J’essaie toujours de trouver une idée pour résoudre un problème que je constate. »