La procédure d’avant-course du Grand Prix des Pays-Bas 2026 de F1 a-t-elle contribué à une fin de premier tour quelque peu agitée ? Certains pilotes s’étonnent en tout cas de la façon dont le tour de formation a été conduit, la direction de course ayant fait le choix d’imposer la voiture de sécurité devant le peloton.

Le premier tour de la course de Zandvoort a été marqué par le gros accident de Max Verstappen dans le dernier virage. Si le Néerlandais a assumé entièrement son erreur, estimant avoir simplement réaccéléré trop tôt, il n’a pas été le seul en difficulté dans cette portion du circuit.

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Il faut dire que ce virage 14 et son fameux banking constituaient la zone la plus humide de la piste, après l’averse qui avait marqué l’avant-course. Gabriel Bortoleto en a également fait les frais, le Brésilien subissant pour sa part un tête-à-queue sans finir dans le mur ni être percuté, au prix notamment d’un réflexe de son équipier Nico Hülkenberg pour l’éviter.

« C’était uniquement dans ce virage-là, pour être tout à fait honnête avec vous. La piste était complètement détrempée à cet endroit. Je pense que c’est pour ça que Max a perdu le contrôle, et ça m’est arrivé aussi », a déclaré Bortoleto aux médias, dont Motorsport.com, après la course.

« Je me trouvais sur la partie basse du banking. J’ai eu un petit mouvement de réaction vers la gauche, je crois, quand j’ai vu un gros nuage de fumée s’élever devant moi. Et ce faisant, j’ai moi aussi perdu le contrôle. »

Un tour de formation normal aurait-il été préférable ?
La chauffe des pneus n'a pas été favorisée par le choix de la direction de course.

La chauffe des pneus n’a pas été favorisée par le choix de la direction de course.

Photo de: Clive Rose / Getty Images

Pour débuter l’épreuve, alors que la piste avait en grande partie eu le temps de sécher, le choix a été fait par la direction de course de donner un départ arrêté et d’autoriser le départ en pneus slicks. Le seul point sensible étant donc la fin du circuit.

Mais si ces décisions ont été jugées logiques, plusieurs pilotes ont regretté la façon dont le tour de formation s’était déroulé avant cela. La direction de course en effet choisi de faire s’élancer le peloton sous Safety Car, ce qui a contribué à ne pas permettre une chauffe optimale des pneus.

« En suivant le même scénario, avec un tour derrière la voiture de sécurité et un départ arrêté, j’aurais préféré effectuer simplement un tour [complet] normal [sous Safety Car], ce qui nous aurait permis d’aller un peu plus vite », a déclaré Pierre Gasly en réponse à une question de Motorsport.com.

« Je pensais que le but était de passer au moins une fois par le dernier virage et le banking derrière la voiture de sécurité avant de procéder [à la procédure] de départ normale de la course. Et oui, c’était humide. »

« Je suis sûr que nous allons examiner, lors de la prochaine course, les retours des pilotes », a poursuivi Gasly, en référence au briefing des pilotes qui a lieu les vendredis soir de chaque GP. « Mais je crois que le choix se résumait soit à ne pas avoir de voiture de sécurité et à n’effectuer qu’un seul tour de formation, soit à ce que la voiture de sécurité nous laisse au moins un tour supplémentaire. »

Lawson a indiqué avoir moins pris de risques que Verstappen dans le dernier virage.

Lawson a indiqué avoir moins pris de risques que Verstappen dans le dernier virage.

Photo de: Anni Graf – Formula 1 via Getty Images

Liam Lawson partageait ce sentiment et a expliqué avoir rapidement compris que cette procédure allait poser problème.

« Je ne comprends pas pourquoi le Safety Car est intervenu. Effectuer un départ arrêté après avoir fait un tour derrière le Safety Car n’a aucun sens », a déclaré le Néo-Zélandais lorsqu’il a été interrogé par Motorsport.com.

« Je ne sais pas exactement quelle était la raison de cette décision, mais j’ai l’impression qu’on pouvait tous prévoir cette situation. On s’est probablement tous dit la même chose avant, quand on a appris la nouvelle, mais on n’avait aucun contrôle là-dessus. »

Les explications de la FIA

Quand Motorsport.com a interrogé la fédération sur le choix de la direction de course, l’instance a expliqué que la décision avait été prise en fonction des informations disponibles sur le moment.

Le directeur de course, Rui Marques, a dans un premier temps envoyé la voiture médicale pour un tour de reconnaissance, ce qui – selon un porte-parole de la FIA – est inhabituel. Les retours étaient qu’il y avait encore de l’eau aux virages 2 et 3, ce dernier étant le premier en banking du tracé. 

Sur la base de ces informations, la FIA a estimé que le tour de formation devait être effectué derrière le Safety Car. 

Si l’intention a toujours été de procéder à un départ arrêté, avoir le Safety Car pour le tour de formation permettait de maintenir une porte de sortie si la situation était plus compliquée que prévue, et de changer pour éventuellement donner un départ lancé.

Pour Sainz, départ lancé ou pas, le dernier virage allait quoi qu'il arrive être problématique.

Pour Sainz, départ lancé ou pas, le dernier virage allait quoi qu’il arrive être problématique.

Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images

Selon Carlos Sainz, toutefois, cette possibilité n’aurait pas constitué une réelle solution et n’aurait pas évité le chaos du dernier virage.

« Je pense que, étant donné que c’était vers la fin du tour, un départ lancé aurait abouti au même résultat, car à ce moment-là, nous étions déjà tous en file indienne », a déclaré le pilote Williams. « Je ne pense donc pas que ça aurait changé grand-chose. C’est une situation malheureuse, avec beaucoup d’eau dans un seul virage. »

Dans ces circonstances, c’est le jugement des pilotes – et le niveau de risque qu’ils ont accepté de prendre – qui a donc été déterminant. Lawson, par exemple, explique avoir consciemment pris plus de marge, notamment par rapport à Verstappen qui était juste devant lui.

« C’était tout simplement impossible. Toute la première moitié du tour était sèche, puis les derniers virages étaient complètement détrempés. Du coup, c’était vraiment facile de connaître [le sort de Verstappen] quand on dispose d’une telle puissance avec des pneus slicks », a-t-il déclaré.

« J’ai vraiment levé le pied car, honnêtement, je n’avais aucune confiance dans l’adhérence dont nous allions disposer à cet endroit, et je pense que Max a probablement essayé de se rapprocher pour effectuer un dépassement, mais qu’il a tout simplement perdu le contrôle. »

Avec Ronald Vording

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