
Publié le 24 août à 06h00
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Les premières victimes de l’incendie dans les Hautes Fagnes sont les animaux. Des milliers d’hectares ont été détruits. Face à une telle catastrophe, comment réagissent-ils, alors que leur habitat a disparu ? Réponse avec Laxmi Lotta et Guillaume Bruwier.
Lors de l’incendie des Hautes Fagnes, les plus gros animaux sont parvenus à s’enfuir. Cerfs, chevreuils, sangliers… Loin de leur lieu de vie habituel, ils sont désorientés. « Ils vont être stressés, paniqués, mais dans la phase de stress, ils vont peut-être s’enfuir sans vraiment avoir une direction habituelle, explique Michaël Pontegnie, expert forestier. Et donc, ils vont peut-être à terme être stressés et perdus et ils vont divaguer, errer le temps de trouver un habitat et une zone calme où le feu ne prendra pas ».
« La capacité d’accueil en aliments est vraiment très réduite »
Ces mammifères ont l’habitude de parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver de la nourriture. Mais ils peuvent se retrouver dans des zones déjà bien occupées. « S’il y a une troupe de sangliers qui arrive sur le territoire occupé par une autre troupe, il va sans doute y avoir des disputes effectivement », confirme l’expert.
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Se déroulent alors des batailles pour le territoire, mais aussi pour la nourriture. « On va avoir un petit souci parce que toute la végétation est brûlée, desséchée par la canicule et la sécheresse précédentes et donc la capacité d’accueil en aliments est vraiment très réduite et il risque de leur poser souci pour capter suffisamment de réserve pour passer l’hiver sereinement », déplore Michaël Pontegnie.
Priorité : poursuivre la restauration de la nature
Certaines espèces sont très territoriales : elles vivent à un endroit toute leur vie. C’est le cas des pies-grièches grises, un oiseau menacé dans toute l’Europe. « Les adultes qui nichent là, pour certains depuis plusieurs années, effectivement là ils doivent être un peu décontenancés, explique Jean-Yves Paquet, directeur du département d’études chez Natagora. Ce n’est pas du tout dit que ces adultes qui ont dû fuir vont pouvoir se reproduire l’année prochaine ».
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Les blaireaux, renards et campagnols se sont réfugiés dans leurs terriers, mais certains ont été asphyxiés par les fumées. Les animaux les plus lents sont malheureusement morts sur place. Le plus important pour ces spécialistes est de poursuivre la restauration de la nature. Les animaux doivent pouvoir disposer de larges espaces de vie le temps que la forêt se régénère.

