C’est votre première distinction en Belgique?

« Oui! Cela fait très plaisir, surtout que je suis dans la position du cancre qui n’a rien eu à l’école et qui, tardivement, reçoit quelques honneurs. De plus, la Belgique est ma seconde patrie. Et c’est pour moi l’occasion de rencontrer une série de gens que je vois de temps en temps comme le baron Albert Frère, Éric-Emmanuel Schmitt, Jean-Charles De Keyser… »

Vous pensez quoi des Belges?

« Jean Cocteau a dit des Italiens: ce sont des Français de bonne humeur. Pour moi, les Belges, ce sont des Français heureux de vivre et pas honteux de l’avouer. »

Philippe Bouvard a fait tous les métiers du journalisme: « Avant, on mettait en valeur des talents, aujourd’hui, des poitrines »Vous avez beaucoup d’amis en Belgique?

« J’en ai beaucoup… Aujourd’hui, je compte plus d’amis avenue Louise à Bruxelles qu’avenue Foch à Paris (rires). »

Ils sont tous partis?

« Oui, presque tous… »

Le jeu de la vérité façon Philippe BouvardEt vous?

« Moi, je ne suis pas parti car je n’entre pas dans le cadre de ces fortunes qu’il faut protéger en leur faisant franchir une frontière. Et puis je ne peux pas envisager l’exil fiscal dans ce qui est ma seconde patrie. On s’exile à l’étranger, mais pour moi, la Belgique n’est pas l’étranger. Et puis je pourrais paraphraser Danton: ‘On n’emporte pas sa patrie au talon de son chéquier’. »

Vous porterez votre décoration?

« Non, car en France, on ne peut pas porter une décoration étrangère, sauf si l’on demande une dérogation. Donc, s’il y a un cocktail à l’ambassade de Belgique à Paris, je la demanderai. »

Décès de Philippe Bouvard: qui était la femme de sa vie, son épouse Colette Sauvage ?Quelles autres distinctions avez-vous reçu?

« J’ai la Légion d’honneur, le Mérite national, les Arts et Lettres… Ah oui, je suis aussi Grande Croix de l’ordre d’Isabelle la Catholique. Cela s’est fait fortuitement. La prétendante au trône d’Espagne m’avait convié à un thé, chez elle, à Paris. On a sympathisé et puis le lendemain, son chambellan m’apportait un beau diplôme d’un ordre qui a été très célèbre. »

Vous en faites quoi, de ces distinctions?

« Euh… Rien. Mais les recevoir me fait plaisir. Surtout la Légion d’honneur, car mon père était un grand résistant et il l’aurait méritée. J’ai l’impression que cela le récompense aussi. »