Le TDAH, qui touche 5 % des enfants et 2,5 % des adultes, se caractérise par une attention fluctuante qui rend difficile la concentration sur des tâches longues et routinières. Mais pourquoi cette attention a-t-elle du mal à se maintenir ? Selon des chercheurs de l’Institut du cerveau (ICM) à Paris, chez ces personnes, le cerveau basculerait sans prévenir dans des états proches du sommeil. Juste pendant quelques fractions de seconde… mais suffisamment pour occulter brièvement l’attention. L’équipe de neuroscientifiques a mesuré par électroencéphalographie l’activité cérébrale de 32 personnes atteintes de TDAH et de 31 participants sans TDAH. En comparant les enregistrements de ces deux groupes, ils ont remarqué la présence, chez les personnes TDAH, d’ondes cérébrales lentes qui se produisent habituellement quand nous dormons.

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« Ces brefs moments d’inactivité cérébrale surviennent chez tout un chacun, explique Thomas Andrillon, un des chercheurs de l’équipe. Mais chez les personnes atteintes de TDAH, cela arrive plus souvent ». Plus exactement, la « densité d’ondes lentes par minute » est plus élevée. Ces ondes se produisent pendant environ une seconde, plusieurs fois par minute. Elles semblent se manifester tout particulièrement dans les régions pariétotemporales du cerveau (sur le dessus du crâne et au niveau des tempes).

Or de précédentes études ont révélé que la présence d’ondes lentes au-dessus des régions pariétales est souvent associée à des défaillances cognitives, à des réponses plus lentes aux questions, voire des erreurs, ce qui laisse penser que le cortex pariétal est impliqué dans les processus de prise de décision. Le TDAH pourrait donc être caractérisé par un sommeil local – comme si une partie du cerveau décrochait brièvement, l’espace d’à peine une seconde sans que l’on s’en rende compte. Et cela pourrait expliquer les fluctuations d’attention et la somnolence…

Autre fait notable : plus ces ondes s’accumulent, plus les participants se sentent fatigués quand ils essaient de se concentrer. De quoi faire considérer le TDAH comme un trouble de l’éveil et de la vigilance, et non plus seulement de l’attention. Un avantage pour mieux le diagnostiquer : si l’on note chez une personne éveillée une forte proportion d’ondes du sommeil, cela peut vouloir dire qu’elle a un TDAH. Et c’est peut-être en améliorant la qualité de sommeil de certains patients que l’on pourrait alléger l’impact de leur trouble !

Dans le TDAH, certaines zones du cerveau s’endormiraient par intermittence

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