l’essentiel
L’œuvre d’Eva Gonzalès « Le Clairon », aussi appelée « L’Enfant de troupe », s’apprête à effectuer un long voyage à travers la France et l’Europe. Le tableau, qui fait la fierté des collections permanentes du Musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot, a été soigneusement inspecté et empaqueté. Un travail d’orfèvre.
Pas de geste brusque. Ce lundi après-midi, le calme règne dans les allées du musée de Gajac. Le moment est presque solennel. Et pour cause, c’est une œuvre majeure de l’établissement culturel des bords du Lot qui s’apprête à partir pour un long voyage. « C’est notre trésor » sourit Marlyse Courrech, la responsable du musée villeneuvois. La perle en question n’est autre que « Le Clairon », aussi appelé « L’Enfant de troupe », le tableau d’Eva Gonzalès. La représentation d’un jeune enfant de troupe jouant du clairon fait partie des œuvres incontournables de Gajac. Inestimable aussi.

« L’Enfant de troupe » va passer une partie de l’année entre Paris et Amsterdam.
DDM G.B.
Ce n’est pas la première fois que le chef-d’œuvre quitte les bords du Lot pour garnir les expositions des musées du monde entier. Au dos du cadre, plusieurs étiquettes témoignent de cet attrait : Paris, Los Angeles, Milan, Copenhague, Dublin… que de chemin parcouru pour ce tableau peint en 1870 par l’artiste impressionniste, élève d’Édouard Manet. C’est d’ailleurs pour une monographie inédite consacrée à la peintre, organisée au Petit Palais, qu’il prend la route.
À lire aussi :
Gajac. Peinture : « Le Clairon » exposé à Milan
Un check-up complet avant le grand départ
Un tel voyage ne s’improvise pas. Quelques jours avant le transfert sécurisé vers Paris, l’œuvre a été soumise à un examen minutieux. Le musée a mandaté la restauratrice Tiziana Mazzoni, assistée pour l’occasion de Lucio Legrand, étudiant en master 2 de conservation-restauration.

Un ultime coup d’oeil avant le grand voyage.
DDM
Ensemble, les spécialistes ont dressé un constat d’état rigoureux. L’objectif : inspecter la toile, la couche picturale et le cadre doré afin d’identifier la moindre zone de fragilité à surveiller lors du transport. Cette intervention de haute précision a également permis d’effectuer de petites consolidations sur le cadre et de vérifier la stabilité de la toile depuis son dernier trajet. Un document complet avec toutes ces annotations accompagne le tableau dans son sarcophage. Oui, pour une œuvre aussi importante et ancienne, il faut du solide.
À lire aussi :
Le musée de Gajac à Villeneuve-sur-Lot célèbre le centenaire de Claude Monet avec une exposition inédite
Un transporteur spécialisé dans les œuvres d’art
Deux hommes de la société LP ART, une entreprise spécialisée dans le transport et la logistique d’œuvres d’art à Toulouse, ont été dépêchés à Villeneuve pour décrocher le tableau et l’emballer soigneusement. Il faut agir avec précision, surtout que le cadre avoisine la trentaine de kilos. Une fois mis sur la table, Tiziana Mazzoni garde un œil avisé sur les derniers instants du « conditionnement ». Une plaque est installée au dos de l’œuvre, afin d’éviter tout incident mais aussi « pour le protéger des vibrations lors du transport », précise la restauratrice.

« L’Enfant de troupe » va passer une partie de l’année entre Paris et Amsterdam.
DDM G.B.

« L’Enfant de troupe » va passer une partie de l’année entre Paris et Amsterdam.
DDM G.B.
À lire aussi :
Onze nouveaux tableaux au musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot : qui sont ces donateurs qui font vivre les collections ?
Une dernière inspection, puis direction le « coffre », qui avait été conçu sur mesure lors de sa dernière virée à Copenhague. Marlyse Courrech sera aussi du voyage, puisqu’elle assistera à l’accrochage du tableau sur les murs du musée des Beaux-Arts de Paris. Malheureusement, elle n’assistera pas à la suite du voyage, en février prochain. Car Paris n’est que la première étape du tableau du musée villeneuvois. En février 2027, comme le reste de la monographie consacrée à Eva Gonzalès, « Le Clairon » sera visible aux visiteurs du Van Gogh Museum d’Amsterdam ! Il faudra attendre le mois de juin prochain pour que le tableau, qui est conservé par le Musée de Gajac depuis 1874 grâce à un dépôt de l’État, retrouve les bords du Lot.