Tom Boon a quitté le terrain avec une immense tristesse. Après le passage par la mixed zone, il a croisé la route de son fils Harrison qui lui a demandé pourquoi il avait perdu. « Là, en une fraction de seconde, je relativise. Je lui ai expliqué. C’est la vie. On ne parle que d’un match de hockey. Il existe des choses plus graves sur terre. Je lui ai raconté qu’on ne peut pas gagner tous les jours et que la défaite fait partie du sport. J’ai ressenti une vive émotion à son contact. »
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Vendredi, nous jouerons pour la septième place alors qu’il n’a manqué grand-chose pour être champions du monde. »
Plus tard, il a repris la route du Martin’s Château du Lac à Genval en compagnie des Red Lions et du staff. L’émotion restait forte, mais les langues se déliaient. Les mots sur les maux commençaient à sortir. « Je partageais ma réflexion globale. Vendredi, nous jouerons pour la septième place alors qu’il n’a pas manqué grand-chose pour être champions du monde. Notre fond de jeu a été bon. Nous avons montré du caractère. Si ce goal n’avait pas été annulé, nous nous détachions à 0-2 ce qui nous aurait enfin mis aux commandes de la rencontre. Si nous étions passés en demi-finale, nous aurions été au bout. La réalité est très différente. Quelque chose n’a pas fonctionné. Tout ne s’explique pas par l’absence de chance ou de réussite. Sur les trois gros matchs (NdlR : Allemagne, Australie et Espagne), nous n’avons enregistré aucune victoire. Une telle situation n’est pas normale. »
Dans la chambre, il s’est entretenu avec Arthur Van Doren. Deux piliers, deux repères pour une équipe en construction. « Nous avons discuté sans filtre de la situation actuelle des Reds. Nous avons mis le doigt sur ce qui nous manque pour rêver à nouveau de grandes victoires. Des choix ont conduit à notre situation d’aujourd’hui. Nous devrons identifier ce qui est perfectible. »
Parole à la défense de l’attaque
En ajoutant les Jeux olympiques de Paris en 2024 (défaite en quarts de finale face à l’Espagne) et les championnats d’Europe (défaite en phase de poule contre l’Espagne), les Red Lions ont encore chuté face à leur nouvelle bête noire, l’Espagne. « Les scénarios de ces rencontres sont assez semblables. Nous étions favoris. Nous avons dominé. Nous avons perdu. Cette défaite à Wavre fait vraiment mal car j’ai la conviction profonde que nous étions proches de prendre le dessus. Toutes nos stats sont nettement favorables sauf les scores. Je reste persuadé que nous avons montré une attitude irréprochable. Nous sommes battus. Nous étions agressifs. »
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L’attaque a été pointée du doigt au terme des cinq matchs de leur Mondial. L’efficacité des plus jeunes a été critiquée dans les médias. Tom Boon, qui a joué le rôle de grand frère, a été épargné par la critique. Il a tout fait pour transmettre son expérience aux jeunes Stockbroekx, Duvekot, Hellin ou encore Foubert. « Les gens oublient que les attaquants n’ont pas les mêmes profils et rôles. Foubert, c’est celui qui a provoqué le plus de pc. Onana ne compte pas ses kilomètres sans la balle. Nous sommes conscients que, si nous avions été plus productifs, nous serions en train de parler des demi-finales. Nous restons positifs. Les médias ont été critiques. C’est leur métier. Dans les faits, nous sommes n°1 mondiaux, vainqueurs de la Pro League et qualifiés pour les Jeux olympiques. En un an, nous avons perdu deux matchs. Ici, à Wavre, nous n’avons pas répondu présent au moment le plus important. Il était logique que les attentes soient hautes. »
Le noyau devra digérer et regarder vers l’avant. En 2027, un Euro à Londres se profile. Il faudra attendre 2028 pour voir les Reds disputer leur prochain grand Monument, les Jeux olympiques de Los Angeles. « Nous avons vécu un moment unique. Vivre une Coupe du monde à la maison était historique. À mon âge, je pense que j’ai joué ma dernière Coupe du monde. Je me rapproche de ma fin de carrière. Mon émotion était décuplée. Imaginons qu’on vive une demi-finale aux Jeux de Los Angeles. Cela n’arrive pas à la hauteur d’une demi-finale de Coupe du monde chez nous. Notre prochain grand challenge n’est pas dans six mois. Nous devrons attendre deux ans. »
Il sera encore présent aux Jeux de Los Angeles
Aucun Red Lion n’a prévu de tirer sa révérence au terme de cette déception. Ni Vincent Vanasch. Ni Tom Boon. Pour rappel, les Reds ont déjà décroché leur qualification pour les JO de LA en 2028 grâce à leur titre en Pro League en juin. « Je me suis posé la question. Mais, cette idée m’a traversé l’esprit durant quelques secondes. Nous avons encore beaucoup travaillé pour vivre une déception. Je suis conscient d’avoir une vie exceptionnelle. À 36 ans, je peux pratiquer le sport que j’aime tous les jours. J’aime ma vie. Beaucoup de gens aimeraient être à ma place. La passion brûle toujours en moi. »
Il ne se projette pas trop loin. Certes, il veut poursuivre son histoire avec les Red Lions jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles ou plus tard si affinité. « Je ne me fixe pas de date. Peut-être ai-je joué mon dernier tournoi ? Il existe toujours un risque de blessure. Le coach effectue aussi des choix. Moi, je reste à la disposition de l’équipe avec une très haute motivation. »
Jusqu’à vendredi, ils resteront en équipe au Martin’s Château du Lac à Genval. Ce mardi, ils suivront un entraînement afin de rester dans le bain. Mercredi, ils participeront à une activité en équipe. Jeudi, ils entrent dans la préparation classique d’un match. Vendredi, les Red Lions achèveront leur tournoi avec le gain de la 7e place comme enjeu. « Nous ne voulions évidemment pas jouer cette rencontre, mais notre orgueil doit nous pousser vers la victoire. »