C’est tout le paradoxe. La République islamique est affaiblie, son économie est exsangue, sa monnaie s’effondre et son influence régionale a été sérieusement entamée. Pourtant, le régime tient. Certes, les nouvelles sanctions toucheront les ressources du pouvoir, qui devra revoir son mode de financement, notamment celui de ses réseaux terroristes qui menacent ses voisins. On peut même espérer qu’elles contraignent Téhéran à réduire ses capacités militaires et rendent plus difficile la répression de nouvelles contestations. Mais voilà, le contraire n’est pas exclu. Or, l’infime espoir de cette opération contre l’Iran était de voir tomber un régime qui, depuis près d’un demi-siècle, nourrit la haine de l’Occident, menace ses voisins et réprime son propre peuple dans le sang. Cela dit, en sachant qu’une chute brutale des mollahs ne garantit aucune stabilité.
Le retour aux sanctions économiques marque surtout l’impasse stratégique actuelle. La guerre n’a réglé aucun problème, mis fin à aucune menace. La diplomatie s’est embourbée. Et l’arme économique, déjà utilisée pendant des décennies, redevient le principal levier.
Le régime iranien finira peut-être par vaciller un jour, comme d’autres régimes autoritaires avant lui. Mais, comme le démontre la résistance de l’île de Cuba, rien ne permet d’affirmer que ce jour est proche. En revanche, l’opération militaire américaine a aggravé le désordre mondial tout en démontrant ses limites et l’impréparation diplomatique de la première puissance mondiale.
Après tant de coups portés à Téhéran, que valent encore les menaces américaines lorsqu’elles débouchent sur un tel retour à la case départ ?