Dans ce contexte, la ministre de l’Intérieur panaméenne Dinoska Montalvo a annoncé mardi l’instauration de l’état d’urgence pour « être prêts à affronter ce qui pourrait arriver ».
La mesure doit notamment permettre d’accélérer les procédures administratives face au phénomène.
La semaine dernière, l’Autorité du canal de Panama avait déjà annoncé que du fait du manque d’eau, la voie interocéanique allait réduire à compter du 3 septembre son trafic de 36 à 34 transits par jour, puis à 32 à partir de mi-septembre. Environ 5% du commerce maritime mondial transite par ce canal long de 80 kilomètres.
Plus au nord, le Salvador a lui aussi déclaré mardi l’alerte maximum face à El Niño, qui provoque une sécheresse généralisée alors que 14 records de températures ont été battus en août, selon les autorités environnementales.
« Une alerte rouge est déclarée en raison d’une sécheresse météorologique et agricole sur tout le territoire national », a écrit la Protection civile sur X.
Cette mesure prévoit, entre autres, la surveillance des ressources en eau et des cultures, l’identification des localités en situation d’urgence et le renforcement de la surveillance épidémiologique, précise cette autorité.
L’absence de précipitations au Salvador a entraîné une baisse du niveau des sources d’eau et la perte de récoltes: selon l’Association de la Chambre salvadorienne des petits et moyens producteurs agricoles, la première récolte de céréales de base devrait connaître au total une perte d’environ 20% de la production.
Vers des épisodes violents ces prochains mois? Un climatologue met en garde
Précédemment, le ministère de l’Agriculture avait annoncé une aide alimentaire pour des foyers d’agriculteurs victimes de la sécheresse.
Le Salvador est en partie situé dans le « couloir sec » de l’Amérique centrale, une bande aride particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes.
C’est aussi le cas d’une portion du Honduras, dont le sud et l’ouest ont subi des pertes de récoltes de maïs et de haricots. Le gouvernement a placé près de 80% du territoire en état d’alerte.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a récemment estimé que l’Amérique centrale devrait être « probablement la région la plus touchée en termes d’augmentation relative de l’insécurité alimentaire » du fait d’El Niño.
Du Mexique au nord du Brésil, jusqu’aux rives du Pacifique et au plateau des Guyanes, environ 110 millions de personnes ont vécu le mois de juillet le plus chaud de toutes les données disponibles, d’après les calculs de l’AFP à partir des données du programme européen Copernicus.