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«Le chef d’accusation qui le vise: porter atteinte à la réputation de Mao Zedong. Son «crime»: créer de l’art. La «preuve»: des œuvres créées il y a quinze ans. Les «scènes de crime»: son atelier, des musées et des galeries», écrivait encore mardi matin Gao Qiang, son petit frère, depuis son compte Facebook.Peu après, la peine infligée à l’artiste chinois Gao Zhen était annoncée par un tribunal populaire en banlieue de Pékin: 3 ans de prison. Résident permanent aux Etats-Unis, détenu en Chine depuis son arrestation formelle le 26 août 2024 lors d’un voyage familial, l’artiste devrait être libéré le 25 août 2027.
Moins célèbres qu’Ai Weiwei, en exil en Europe depuis 2015, les frères Gao sont pourtant issus du même creuset de l’avant-garde chinoise, ce mouvement bouillonnant apparu au milieu des années 1980 dans le sillage de l’ouverture politique et culturelle de la Chine post-Mao. Gao Zhen, 70 ans, et Gao Qiang, 64 ans, sont devenus célèbres dès le début des années 2000 grâce à des sculptures satiriques sur la Révolution culturelle qui s’est déroulée entre 1966 et 1976, et sur Mao. Un thème important jusque dans l’intime de leur histoire familiale. Employé d’usine, leur père persécuté par les Gardes rouges puis accusé d’être un contre-révolutionnaire a été retrouvé mort en prison. Ses enfants n’ont eu de cesse de réfuter la thèse officielle du suicide.