L’euphorie est vite retombée. Après avoir bondi en début de semaine, l’action de PayPal a nettement reculé. Les investisseurs ont vendu massivement après la publication d’un article de Semafor affirmant que le groupe « n’est actuellement en discussion avec personne, et surtout pas avec Stripe ».

D’après le média américain, la fintech travaille actuellement avec des banques d’affaires pour se préparer à une éventuelle offensive d’investisseurs activistes, ou à une tentative de rachat hostile. Concrètement, la convoitise de Stripe n’est pas la bienvenue, poussant les investisseurs qui misaient sur une prime de rachat à se retirer très rapidement.

PayPal© Ink Drop / Shutterstock.com Une rumeur qui a secoué la fintech

L’hypothèse d’un rapprochement entre Stripe et PayPal, deux poids lourds du paiement numérique, a suscité un véritable séisme il y a quelques jours.

Car Stripe, valorisée à plus de 140 milliards de dollars après une récente opération interne, affiche une santé éclatante. Fondée par Patrick et John Collison, l’entreprise s’est imposée comme l’acteur le plus dynamique du secteur. Ses volumes progressent et son modèle séduit toujours autant les grandes plateformes.

Mais la situation est bien différente chez PayPal. Le groupe a récemment publié des résultats inférieurs aux attentes, avec un ralentissement de la croissance des volumes de paiement. Son nouveau directeur général, Enrique Lores, doit officiellement prendre ses fonctions le 1er mars, après l’éviction d’Alex Chriss. Une transition managériale qui ajoute à l’incertitude.

Son titre évolue désormais autour de 45 dollars, loin des niveaux atteints ces dernières années, tandis que sa valorisation avoisine les 40 milliards de dollars. Malgré tout, la vaste base de clients de PayPal, ainsi que son infrastructure de paiement quasi incontournable, ne sont pas à prendre à la légère.

Stripe Fintech© rarrarorro / Shutterstock.com Un rachat loin d’être simple

À noter que la réalité financière complique fortement le scénario d’un rachat. Stripe étant une entreprise privée, elle ne peut pas utiliser d’actions cotées pour financer une telle opération. Et pour acquérir une société publique de la taille de PayPal, elle devrait obtenir des engagements de dette massifs et solides.

Les rares précédents montrent à quel point ces opérations sont complexes. En 2016, Dell a dû recourir à un mécanisme de « tracking stock » pour mettre la main sur EMC. L’opération a nécessité des montages financiers lourds et un soutien clair des deux parties. Plus récemment, le groupe Mars a pu racheter Kellanova en numéraire, mais avec des ressources financières considérables.

Dans le cas présent, toute discussion supposerait d’abord une stabilité retrouvée chez PayPal. Tant que la transition à la direction n’est pas achevée, un rapprochement paraît peu probable.

La perspective d’un rachat de PayPal par Stripe s’éloigne nettement, provoquant un retrait massif des investisseurs. Une enquête récemment publiée rapporte qu’aucune discussion n’est en cours, douchant les espoirs de prime de rachat. Au-delà des rumeurs, un tel rapprochement serait de toute façon financièrement complexe et peu probable à court terme.

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