15 à 25 élèves
Dans de nombreuses écoles, le nombre de classes diminue au fur et à mesure qu’on gravit les échelons. « Il y a un couperet en fin de 4e secondaire. L’année passée il y avait 4-5 classes à raison de 24-25 élèves par classe de 4e secondaire. Il y a plus d’élèves qui sont passés en 5e et on a 12 élèves de 5e qui ont une seconde session cette année. Pour des raisons de locaux et de nombre de NTPP (NDLR : nombre totale de périodes professeur sur base du nombre d’élèves l’année précédente) qu’on tente de réduire, on se retrouve avec trois classes aussi nombreuses », détaille Cécile.
« C’est la rentrée la plus compliquée », annoncent les directions d’école
La plus petite classe qu’elle a eue se composait de 9 élèves, il y a une vingtaine d’années. Selon elle, pour enseigner les langues, le nombre idéal est 15. « Mais on arrive à faire des débats avec 25 élèves », ajoute la prof d’anglais et de néerlandais qui se demande pourquoi la limite n’est pas la même pour tous les secondaires.
Selon le décret de 2012 sur le sujet, en 3e et 4e secondaire de l’enseignement général, « les classes ne peuvent compter en moyenne plus de 26 élèves avec un maximum de 29 élèves ». En 5e et 6e secondaire, « les classes ne peuvent compter en moyenne plus de 29 élèves avec un maximum de 32 élèves ». Sous certaines conditions, le plafond peut être dépassé.
Les règles ont changé à la rentrée 2024 dans le fondamental : 22 et 24 enfants maximum par groupe-classe jusqu’en 3e maternelle, 24 élèves pour les 1re et 2e primaires, 28 élèves pour les autres années.
« On ne sait pas pousser les murs »
Face autant d’élèves, Céline se demande comment transmettre correctement les apprentissages. « C’est matériellement très compliqué sans parler de la gestion de groupe d’ados de 17 ans accros à leur téléphone et pas toujours très attentifs », expose-t-elle. « Je vais faire des intercours pour la première fois parce que sinon ce sera intenable. »
C’est toute sa méthodologie qui est à revoir. Rien qu’au niveau de la correction, cela va lui prendre plus de temps. « Une expression écrite de 15 lignes prend au minimum 10 minutes par élève avec la grille d’évaluation, ça me prendra 300 minutes sans m’arrêter de vérifier toutes les copies », calcule Céline. « Je vais devoir diminuer le nombre d’évaluations et simplifier la grille de correction imposée à trois critères. À l’impossible, nul n’est tenu »
La taille des classes a également un impact sur les élèves tant au niveau des conditions de travail que du bien-être. « On ne sait pas pousser les murs. Pendant toute une journée, ils vont se retrouver assis dans un local à 30 avec tout ce qu’implique une telle promiscuité », poursuit-elle.
Ce nombre important d’élèves tombe mal car il coïncide avec une augmentation de deux périodes face classe pour les enseignants du secondaire supérieur. « On sent qu’on ne va pas pouvoir faire son métier avec toute sa conscience professionnelle. Beaucoup de collègues sont tracassés et ont peur de craquer », termine celle qui prédit des burn-out dans l’année. « Ces 30-32 élèves, c’est la goutte en trop qui pourrait faire basculer alors qu’avant on gérait. »