À Stanford, 22 paires de jumeaux ont suivi pendant huit semaines deux régimes opposés, vegan et omnivore sain. Leurs bilans sanguins réservent quelques surprises sur la santé du cœur.

Manger vegan est-il meilleur pour le cœur que manger de tout ? Pour apporter une réponse moins idéologique que d’habitude, l’équipe de nutrition de l’université Stanford a suivi pendant huit semaines des paires de jumeaux identiques, l’un assigné à un régime totalement végétalien, l’autre à une alimentation omnivore « saine ». Les résultats, publiés dans la revue médicale JAMA Network Open, montrent un avantage clair du régime vegan sur plusieurs marqueurs cardiométaboliques.

Chez ces 22 paires de jumeaux, le vegan a fait baisser le LDL-cholestérol, l’insuline à jeun et le poids de façon significative, alors que les gènes, l’âge et l’environnement familial étaient quasiment identiques. De quoi alimenter la recherche associée à « manger vegan bon pour la santé étude jumeaux » sur les moteurs de recherche. Mais cette expérience très médiatisée rappelle aussi que tout dépend de la qualité de l’assiette et de la vigilance sur certains nutriments clés.

Deux jumeaux, deux assiettes : comment l’étude a été menée

Les volontaires, recrutés via le Stanford Twin Registry, étaient des adultes en bonne santé, sans traitement lourd. Dans chaque paire, un jumeau suivait un régime entièrement végétalien, riche en légumineuses, céréales complètes, fruits, légumes et oléagineux, sans aucun produit d’origine animale. L’autre adoptait un régime omnivore « méditerranéen », incluant viande, poisson, œufs et produits laitiers, mais avec beaucoup de végétaux. Pendant quatre semaines, tous les repas étaient fournis, puis chacun cuisinait lui-même les quatre semaines suivantes, pour coller davantage à la vie réelle.

Le critère principal était la variation du LDL-cholestérol (LDL-C), un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires. Les chercheurs ont aussi suivi l’insuline à jeun, le poids, l’IMC (indice de masse corporelle), ainsi que des marqueurs comme l’oxyde de triméthylamine (TMAO), molécule issue en partie de la consommation de produits animaux et du microbiote intestinal.

LDL, insuline, poids : ce que le vegan a changé en 8 semaines

Selon l’article scientifique publié le 30 novembre 2023 dans JAMA Network Open, le jumeau vegan présentait après huit semaines un LDL-C moyen d’environ 95,5 mg/dL, contre 116,1 mg/dL pour le jumeau omnivore, soit une différence de 13,9 mg/dL en faveur du régime végétalien. Une baisse de cette ampleur, même sur une courte durée, va dans le sens d’un risque cardiovasculaire plus faible sur le long terme.

L’insuline à jeun diminuait aussi davantage dans le groupe vegan, avec une différence moyenne de 2,9 μIU/mL, signe d’une meilleure sensibilité à l’insuline, donc d’un métabolisme du glucose plus favorable. Le poids suivait la même tendance : les jumeaux végétaliens perdaient en moyenne 1,9 kg de plus que leur frère ou sœur omnivore, avec un léger recul de l’IMC. Pris ensemble, ces trois marqueurs dessinent un profil cardiométabolique plus protecteur quand on mange 100 % végétal et peu transformé.

Manger vegan bon pour la santé : conditions et nutriments à surveiller

L’essai ne dit pourtant pas que tout régime vegan est automatiquement sain. Le protocole n’était pas isocalorique : les jumeaux végétaliens ont, en moyenne, mangé un peu moins et perdu plus de poids, ce qui améliore à lui seul le LDL-C et l’insuline. La durée restait courte, huit semaines, sur une population jeune et en bonne santé. Comme le rappelle l’agence nationale de sécurité sanitaire ANSES, les résultats d’une étude contrôlée ne se transposent pas tel quel à des enfants, des personnes âgées ou des patients déjà malades.

Pour que le fait de manger vegan soit réellement « bon pour la santé », l’assiette doit rester riche en aliments bruts et couvrir les nutriments sensibles. Le service public de santé britannique NHS et l’ANSES insistent sur plusieurs points de vigilance :

Vitamine B12, iode, fer, zinc : à sécuriser par supplément ou aliments enrichis.

Vitamine D et calcium : attention aux apports, privilégier produits fortifiés.

Oméga-3 ALA, EPA, DHA : huiles de colza ou noix, graines et compléments d’algues si besoin.