« Des bistrots à l’ancienne comme le nôtre n’ont plus vraiment leur place, dit-il. Aujourd’hui, les concepts et les brasseries d’investisseurs ont pris le dessus. »

Il n’y a pas d’amertume, seulement un constat pour… ce Mouscronnois que Bruxelles a adopté. Et vice-versa. L’Horeca, il connaît. Les vignerons, il les côtoie depuis des décennies notamment ceux qui ont opté pour le bio. Aux Petits Oignons, les vins nature sont rois (« je dois trier ma cave », avoue-t-il) sans que le patron en fasse la pub.

Il est vrai qu’il en est à son troisième bistrot après Le Provençal à Mouscron et le Rabelais à Guilvinec, en Bretagne. En 2018, il débarque à Uccle, à deux pas de la gare de Calevoet et du Misverstand qui a fermé boutique depuis lors, au beau milieu des travaux qui ont semblé interminables sur la chaussée d’Alsemberg.

« Heureusement, nous avons rapidement eu une belle clientèle à la fois du quartier mais aussi de l’extérieur. J’ai même recruté mon sommelier dans les travées de l’Union Saint-Gilloise. Nous avons toujours voulu un endroit où l’on peut manger et boire en même temps. Cette culture festive tend à disparaître. »

« J’ai recruté mon sommelier dans les tribunes de l’Union Saint-Gilloise »

Tom Algoet (de son nom de famille) ne part pas dans l’aigreur ni l’amertume. Plusieurs facteurs notamment humains l’ont poussé à prendre cette décision.

« Depuis le Covid, la conjoncture n’est plus la même. Cela se ressent. De plus, après des années de boulot, Sylvie et moi-même commençons à accuser le coup. Nous allons dans un premier temps nous remettre d’aplomb et réfléchir à la suite. Elle doit être opérée de l’épaule et je ne prenais aucun jour de congé »

Tom va continuer son activité traiteur et réfléchit (déjà) à revenir dans son core business comme on dit : le vin.

« À Bruxelles forcément… »

Bistrot les petits bouchons de Tom AlgoetBistrot les petits bouchons de Tom AlgoetUn dernier apéro collectif devrait avoir lieu à la mi-septembre ©Jean Luc Flemal

En huit ans, il a accumulé les souvenirs.

« Des cuites mémorables, la choucroute du 1er janvier que j’avais instituée pour ne pas s’ennuyer après le réveillon, des rires, des amitiés. Le match des Diables rouges face aux États-Unis lors de la dernière coupe du monde a rempli Les Petits Bouchons à… trois heures du mat. À la chope… Un client m’a d’ailleurs dit qu’il arrêtait de boire parce qu’on fermait. »

« Pour Belgique-Etats-Unis, c’était vollen bak à 3 heures du mat' »

Le bistrot est encore ouvert quelques jours (un apéro final sera sans doute programmé aux environs du 15 septembre) mais les fourneaux sont désormais fermés.

Bonne nouvelle : il y a un repreneur

Bonne nouvelle. Si l’enseigne va probablement disparaître, le lieu va connaître une nouvelle vie. Le repreneur Loïck Tonnoir, qui a déjà bourlingué en France mais aussi chez Otap à Ixelles, a décidé de ne pas (trop) toucher à l’âme du lieu. Si des travaux vont sous peu débuter, ils auront surtout lieu en cuisine où l’on annonce déjà un accent sur la rôtisserie. À suivre…