
par Julie Duynstee
Publié le 27 août à 05h00
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À Bruxelles, une femme enceinte a découvert un « ver de terre » dans sa salade au restaurant. Une plainte a été déposée auprès de l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. En 2025, le nombre de plaintes de consommateurs a augmenté de 20 % par rapport à l’année précédente.
« C’est une expérience particulièrement préoccupante », déplore une jeune Bruxelloise via notre bouton orange Alertez-nous. Pour respecter son anonymat, nous l’appellerons Sophie.
Le week-end dernier, elle mange avec une proche de la famille, qui est enceinte, dans un restaurant de la capitale. Lors du repas, elles sont surprises en recevant les assiettes. « Nous avons découvert un ver de terre dans la salade qui accompagnait le plat de la femme enceinte. Cette personne n’est pas immunisée contre la toxoplasmose, et le personnel du restaurant avait été clairement informé de sa grossesse et du fait qu’elle n’était pas immunisée », assure la Bruxelloise.
Les deux femmes inspectent alors les autres produits servis à table. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que nous avons également constaté la présence de plusieurs petites bestioles dans les sauces », précise Sophie.
Scandalisées, les clientes demandent à interpeller le responsable de l’établissement, avant d‘exprimer par écrit leur mécontentement. « Leur réponse minimise aujourd’hui les faits en affirmant notamment que le produit concerné avait été « lavé » alors que ce n’était absolument pas le cas », soutient Sophie, qui précise disposer d’une photographie du ver retrouvé dans l’assiette pour appuyer ses propos.
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Pour ces Bruxelloises, ce « manque d’hygiène » est « totalement inadmissible ». « Retrouver non pas un cheveu, mais un véritable ver de terre dans une salade servie à un client est tout simplement inacceptable », estime Sophie. Et d’après elle, cette situation est d’autant plus « grave » dans la mesure où elle concerne une personne vulnérable. « Ce qui nous inquiète surtout est la présence de ce corps étranger dans l’alimentation d’une femme enceinte non immunisée contre la toxoplasmose », insiste la jeune femme.
Le lendemain, Sophie décide de contacter l’agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). « J’ai fait les démarches en ligne pour déposer plainte ».
Quelles démarches à entreprendre ?
Pour toute question ou plainte concernant un établissement ou un produit de la chaîne alimentaire, les consommateurs peuvent s’adresser au point de contact de l’Afsca. Le formulaire en ligne est le moyen le plus efficace et rapide afin de transmettre tous les renseignements nécessaires au bon traitement d’une question ou d’une plainte. Vous pouvez aussi téléphoner au numéro gratuit 0800 13 550 ou envoyer un email à l’adresse pointdecontact@afsca.be.
Il est important de savoir que déposer une plainte est le seul moyen de pouvoir déclencher une enquête. « Les plaintes sont transmises à nos inspecteurs, actifs sur le terrain, qui effectuent alors une inspection sur place et prennent les mesures appropriées si nécessaire », explique Aline Van Den Broeck, porte-parole de l’Afsca.
Ces contrôles sont effectués sur base de check listes avec des pondérations qui varient entre 0, 1, 3, 10. Voici quelques exemples :
lavabos et moyen hygiénique de lavage et de séchage des mains = 10toilettes propres = 3locaux en bon état et propres = 3propreté des surfaces en contact avec les aliments = 10absence d’animaux domestiques ni de nuisibles = 10Quelles sont les sanctions possibles ?
Les sanctions possibles suite à une inspection dépendent du taux de non-conformité qui ressort de cette check liste complétée lors du contrôle et donc de la gravité des problèmes constatés sur place. « Cela va d’un rapport favorable, à favorable avec remarques, puis un avertissement, et ensuite un PV avec amende, etc. », énumère la porte-parole. Dans les cas où la santé publique est menacée, l’Afsca peut aussi procéder à une fermeture temporaire de l’établissement. Une fois l’enquête terminée, la personne qui a contacté l’agence fédérale reçoit un suivi de son dossier.
Dans le cas de Sophie, l’Afsca confirme avoir reçu sa plainte en ligne. « Elle a été transmise pour enquête à notre unité locale de contrôle de Bruxelles dès ce lundi 24 août », précise Aline Van Den Broeck. L’enquête est en cours.

Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca)
En 2025, le point de contact de l’Afsca a reçu et traité 6.268 plaintes (5.222 plaintes en 2024), soit une moyenne de 25 plaintes par jour ouvrable.
En 2025, presque toutes les plaintes (92 %) ont été traitées dans les 30 jours. Après enquête, une plainte sur deux s’est avérée fondée. « Les plaintes concernent principalement des établissements de la distribution, qui concentrent ensemble la grande majorité des signalements (92 %). Cela ne signifie pas nécessairement que la sécurité alimentaire y est moins bonne, mais simplement que les consommateurs sont plus souvent en contact avec ce secteur », explique la porte-parole de l’Afsca. Cette répartition est globalement stable d’une année à l’autre.
En ce qui concerne leur contenu, les plaintes portent avant tout sur des problèmes d’hygiène, des soupçons d’intoxication alimentaire et les conditions de conservation des aliments, comme le respect de la chaîne du froid ou des dates de péremption.
« Ces résultats traduisent une vigilance accrue des consommateurs et une meilleure connaissance du rôle du point de contact comme canal officiel de signalement, confirmant ainsi le rôle essentiel du consommateur dans l’amélioration continue de la sécurité alimentaire », souligne Aline Van Den Broeck.
