En quoi KidCool est-il (très) problématique ?
1. Des compléments alimentaires pour calmer les enfants, vraiment ?

« Cool Kids, cool parents ».

Voilà d’abord les 4 mots qui ont attiré notre attention lors d’une visite en pharmacie. Ce slogan n’aurait rien eu de choquant s’il avait été utilisé dans un livre autour de la parentalité ou de l’éducation. 

Dès lors qu’il est utilisé par l’industrie pharmaceutique, des voyants rouges s’allument. On passera au-dessus des visuels à connotation positive et négative qui visent à montrer la différence de comportement entre un enfant ayant consommé le complément KidCool et celui qui n’en a pas consommé.

Cette publicité peut, selon nous, mener à des interprétations erronées chez les consommateurs. KidCool étant vendu en pharmacie, cela renforce la croyance en une utilité, efficacité et sûreté similaire à celle d’un médicament. 

présentoir kidcool en pharmacie

2. L’argument de l’efficacité clinique repose sur des bases peu solides

Le laboratoire Trenker, fabricant de KidCool, met en avant une efficacité « cliniquement prouvée » sur le calme, la relaxation et la détente. Cependant, les études disponibles sur les effets du safran chez l’enfant sont peu nombreuses, souvent de petites tailles et menées sur des périodes courtes : loin des standards habituellement exigés pour parler de « preuve solide » en médecine. 

Aucun consensus scientifique ne permet, à l’heure actuelle, d’affirmer que le safran a un effet démontré sur le comportement ou l’attention des enfants. Les résultats actuels relèvent davantage de signaux exploratoires que d’une efficacité confirmée. Les chiffres avancés (par exemple, les “+70 % d’attention” indiqués dans le leaflet commercial) ne sont pas interprétables sans détails méthodologiques.

Enfin, les études en question ont examiné l’efficacité du safran en tant que traitement d’une indication médicale, à savoir le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), sur adultes et sur enfants. Or, il est légalement interdit de présenter des compléments alimentaires comme un « traitement » pour une indication médicale. 

Les auteurs de ces études précisent d’ailleurs que des recherches supplémentaires sont nécessaires et que leurs études ont des limites. Il n’y a donc pas assez de preuves pour tirer des conclusions. 

safran
Aucune allégation sur le safran n’est, à l’heure actuelle, autorisée par la Commission européenne. 

3. Les fabricants de KidCool se servent du flou autour des allégations nutritionnelles et de santé « on hold »

Pour rappel, les compléments alimentaires, quels qu’ils soient, sont initialement destinés à compléter le régime alimentaire, et n’ont, en principe, pas d’effet thérapeutique, contrairement aux médicaments. Toutefois, ils peuvent vanter un « effet nutritionnel ou physiologique ». Et c’est ce que fait ici le laboratoire Trenker, fabricant de KidCool.

À nos yeux, la frontière entre complément alimentaire et médicament est particulièrement floue ici. L’allégation “Détente & relaxation”, utilisée sur la face avant du packaging, est détaillée au verso en 2 allégations plus longues : 

« L’extrait de safran aide à maintenir la détente et la relaxation. » 
et 
« L’extrait de safran aide à trouver un meilleur sommeil. »

Ces deux allégations sont « on hold » : la Commission européenne n’a pas encore rendu de verdict quant à leur utilisation. En attendant, les fabricants ont le droit de les utiliser. 

Pour rappel, près de 2 000 allégations de santé, soit la majorité des allégations utilisées sur des compléments alimentaires, sont en attente d’une décision. Contrairement aux médicaments, les compléments alimentaires peuvent être mis sur le marché sans démonstration solide d’efficacité clinique pour le produit fini.


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