« Une dizaine de nos enquêteurs ont été affectés à temps plein à l’affaire », chiffre David Demaude. « Il y a eu et il y a encore un nombre très important d’infos rentrantes qu’il faut vérifier, même les plus farfelues. En tout, on a mené une centaine de devoirs d’enquête. » Dans la région immédiate mais aussi bien plus loin, notamment en France. « Cela représente assurément plus de quatre mille heures de travail. »

 David Demaude, le patron de la police judiciaire fédérale de Namur, évoque les efforts fournis. David Demaude, le patron de la police judiciaire fédérale de Namur, évoque les efforts fournis. David Demaude, le patron de la police judiciaire fédérale de Namur, évoque les efforts fournis. ©- 

Du boulot mais pas toujours en solo pour la PJF de Namur. »Nous avons aussi eu l’appui des zones de police locale, comme la Haute Meuse mais aussi celle de Lesse et Lhomme pour des missions spécifiques. On a eu l’aide ponctuelle de spécialistes de la téléphonie », poursuit le directeur judiciaire. « Des analystes criminels se sont penchés sur le dossier, aussi pour avoir le recul nécessaire. Et c’est l’un d’eux qui a ciblé un devoir bien spécifique qui a permis de recueillir un témoignage qui nous a amenés sur un indice qui s’est avéré déterminant pour la découverte des corps. » La basket du petit Tyméo dans le champ dans lequel l’agriculteur venait d’effectuer un travail.

Très proche et très éloigné

Mais une question revient sans cesse. Comment se fait-il qu’on ait trouvé les corps de Tyméo et Bryan Brigou seulement de très nombreuses semaines après leur disparition, alors que les dépouilles étaient situées à un endroit relativement proche de la voiture du papa? « Tout est à la fois très proche et très éloigné », estime David Demaude. « Quand on prend l’affaire, on n’a pas d’indice spécifique, de direction à prendre. Les disparus peuvent être à 200 mètres, deux ou deux cents kilomètres. » Des battues ont été menées, avec d’importants moyens. « Mais quel cercle faut-il définir? De quelle dimension? Si on estime qu’il faut fouiller dans un rayon de quatre kilomètres et que les corps se trouvent à 4,2 kilomètres, on dira aussi qu’on a tout loupé. »

Le patron de la PJF Namur veut aussi insister sur l’implication de ses collègues dans ce dossier à la fois lourd et délicat. « Certains se réveillaient la nuit en repensant à un détail qui leur avait peut-être échappé. D’autres revenaient chez eux, notaient une info et en reparlaient le lendemain au boulot. Mes enquêteurs ont vraiment vécu avec Tyméo depuis deux mois. C’est un très gros coup dur pour eux aussi. Mais il faut avancer et savoir ce qu’il s’est passé », rappelle David Demaude. Avec l’espoir d’une rapide avancée déterminante? « C’est bien notre espoir, en effet…  » Celui aussi de toute une famille et de tous ceux touchés par l’horreur de cette double découverte.