Les débuts ont pourtant été modestes. Sabah a terminé septième puis sixième du championnat d’Azerbaïdjan avant de prendre deux fois la cinquième place. Le premier véritable déclic est arrivé en 2022-2023 avec une deuxième place. La consécration est venue la saison dernière avec un premier titre de champion d’Azerbaïdjan.
Sabah n’est toutefois pas le recordman de précocité : Astana, le club kazakh, avait atteint la C1 après six ans d’existence et Leipzig après huit. Paphos avait, lui, attendu onze ans.
2. Un scénario complètement fou pour se qualifier
Pour atteindre la phase de ligue, Sabah a dû passer quatre tours. Les Azerbaïdjanais ont successivement éliminé les Gallois de The New Saints, les Finlandais de KuPS et les Danois d’AGF Aarhus avant de retrouver l’Hapoel Beer Sheva en barrages.
Battu 2-1 à l’aller, Sabah s’est encore retrouvé mené 2-1 à l’heure de jeu mardi. Il lui fallait alors inscrire deux buts pour arracher une prolongation. Umarali Rakhmonaliyev a entretenu l’espoir à la 74e avant le miracle : à la 94e, sur le corner de la dernière chance, Tellur Mutallimov a égalisé sur l’ensemble des deux rencontres.
Réduit à dix après l’exclusion de Djibril Diop, l’Hapoel Beer Sheva a finalement craqué en prolongation. Orphé Mbina (101e) puis Joy-Lance Mickels (115e) ont offert à Sabah une victoire 5-2 et une qualification sur le score cumulé de 6-4.
3. Seulement le deuxième club azerbaïdjanais à y parvenir
La performance prend une autre dimension quand on se penche sur l’histoire du football azerbaïdjanais. Sabah devient seulement le deuxième club du pays à atteindre le tableau principal de la Ligue des champions.
Avant lui, seul Qarabag y était parvenu, en 2017-2018 puis en 2025-2026. Et le nouveau venu débarque sans véritable pedigree européen : au moment de décrocher son billet, Sabah ne pointait qu’à la 234e place au coefficient UEFA.

Qarabag avait échoué au barrage de la phase à élimination directe l’année dernière face à Newcastle United.
Un véritable petit poucet, donc, qui sera placé dans le quatrième chapeau lors du tirage au sort de la phase de ligue. Une qualification qui confirme aussi la montée en puissance du football azerbaïdjanais sur la scène européenne, même si Qarabag reste encore de très loin sa principale référence continentale.
4. Godfred Boakye, le Belge de l’effectif
Cette histoire possède également une touche belge. Godfred Boakye, 20 ans, est né à Louvain et appartient à Sabah depuis cet été. Formé à l’académie de Birmingham City, le défenseur central d’1,93 m a rejoint définitivement le champion d’Azerbaïdjan le 3 juillet dernier. Droitier, il peut également dépanner comme arrière droit ou milieu défensif.
Le jeune Belge n’a cependant pas participé sur le terrain à l’épopée européenne de ses coéquipiers. Sa fiche affiche zéro apparition lors des huit rencontres des qualifications de C1. Il fait désormais partie d’un effectif qualifié pour la phase de ligue et pourrait donc avoir l’occasion de découvrir la compétition dans les prochains mois.
5. Des géants européens pour changer de dimension
Sabah va désormais entrer dans un autre monde. Placé dans le chapeau 4, le champion d’Azerbaïdjan connaîtra jeudi à Monaco les huit adversaires de la première phase de Ligue des champions. Il a notamment la possibilité de tomber sur des géants comme le Real Madrid, le Bayern Munich, Liverpool ou le PSG.
Un sacré changement de décor pour une équipe qui, quelques années plus tôt, cherchait encore à se faire une place dans son propre championnat. Et une perspective qui paraissait surtout improbable mardi à quelques secondes de la fin de la rencontre.
À la 94e minute, Sabah était virtuellement éliminé. Un corner et une prolongation plus tard, le club fondé en 2017 avait rendez-vous avec la cour des grands.
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