L’envoyé spécial américain en Syrie et ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, a jugé cette dissolution « absolument historique » dans un message posté sur le réseau X. Une décision qui, selon ses dires, « ressemble à une véritable intégration […] visant à renforcer la souveraineté de la Syrie ». Celle-ci intervient au lendemain de l’annonce par les États-Unis du retrait de la Syrie de la liste des États accusés de soutenir le terrorisme, une étape majeure vers la relance économique.

La parenthèse de l’autonomie kurde en Syrie se referme dans la douleur et le sangMission terminée

Au moment de leur formation à l’instigation des États-Unis en 2015 en pleine guerre civile syrienne, les FDS ont agrégé quantité de milices à caractère ethnique, religieux ou tribal en s’appuyant principalement sur les Unités de protection du peuple (YPG) et leur pendant féminin (YPJ). Ces formations, émanant du Parti de l’union démocratique kurde (PYG), s’étaient constituées dès 2011 pour défendre les populations majoritairement kurdes du Nord-Est syrien durant la guerre civile. D’abord face aux forces fidèles au régime totalitaire de Bachar al Assad, puis face à l’avancée de l’organisation terroriste État islamique (EI ou Daech).

C’est d’ailleurs à la suite du succès emblématique (et de longue haleine) des combattants kurdes contre les djihadistes de Daech en janvier 2015 dans la ville frontalière de Kobané (nord) que l’Administration Obama, en quête de partenaires sûrs en Syrie, a constitué les FDS. Comptant jusqu’à 100 000 combattants, ces troupes seront le fer de lance de la coalition internationale de lutte contre Daech. Les États-Unis avaient estimé en janvier dernier que leur mission était terminée, à plus forte raison que leur nouvel interlocuteur dans le pays, le chef de l’Etat par intérim Ahmad al Charaa, avait décidé d’intégrer toutes les forces militaires dans une armée nationale.

La pression militaire imprimée dans le sang par cette dernière avait finalement eu raison de la résistance des FDS, en outre fragilisées par le départ d’unités arabes suite à l’avènement du nouveau régime sunnite. Dans un de leurs plus significatifs mouvements de retraite, les FDS s’étaient vu contraintes fin janvier de laisser à l’armée nationale le contrôle du camp d’Al Hol (nord-est), le plus important centre de détention des familles de djihadistes de l’EI qu’elles chapeautaient depuis sa création en 2019.

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« Depuis la création des FDS, leurs combattants ont assumé une grande responsabilité durant l’une des périodes les plus difficiles » pour la Syrie, a fait valoir Mazloum Abdi dans son discours. « Ils ont libéré de nombreuses villes et localités syriennes, d’abord du régime baassiste (d’Assad, NdlR), puis du terrorisme de Daech », a-t-il ajouté, en utilisant la désignation arabe de l’EI. « Les circonstances ont changé aujourd’hui et le pays est entré dans une nouvelle phase placée sous le signe de la paix et de la participation ».

Les Kurdes ont ainsi obtenu des droits nationaux, parmi lesquels celui d’enseigner leur langue, « l’un des droits les plus importants que notre peuple kurde revendique depuis des décennies », a souligné M. Abdi, rappelant qu’Ahmad al Charaa avait affirmé à plusieurs reprises son engagement à préserver ce droit.