On vous connaît à Auray pour vos livres et votre chaîne youtube Tata Sabrina. Vous êtes aujourd’hui responsable de la bibliothèque de Pluvigner. Vous souhaitez ouvrir une nouvelle page, pouvez-vous nous en dire plus ?

Le monde de l’enfance et de la jeunesse m’intéresse et m’a toujours intéressée. Je sais l’importance et les conséquences que peut avoir l’éducation sur une vie. Mais je sais aussi que le métier de parents n’est pas inné et que l’on peut faire d’erreurs. On ne prend pas une voiture sans avoir le permis. Le problème c’est qu’il n’existe pas de code de la route pour être parents. Alors pourquoi ne pas mettre en place une journée avec des professionnels de l’enfance pour mieux appréhender ce rôle essentiel. En faire un outil pédagogique. Et pour ce faire, je souhaite pouvoir proposer un documentaire avec des témoignages pour aider les jeunes parents et éviter que d’autres enfants ne subissent ce que ceux de ma génération ont subi à la maison.

Vous avez déjà un parcours bien rempli, qu’est-ce qui vous pousse à franchir cette nouvelle étape ?

Depuis le début de ma carrière j’ai croisé des gens bienveillants mais aussi des gens toxiques qui m’ont certes rendue plus forte, mais qui ont également réveillé chez moi d’anciennes blessures. Il y a un peu plus de deux ans, en plein été, mon corps a dit stop et j’ai fait un burn-out. L’occasion pour moi de faire le point, de me poser des questions et de me lancer dans ce nouveau projet avec l’aide de mon fils Swan qui va avoir 20 ans et évolue dans le monde de l’audiovisuel pour ses études.

Vous êtes quelqu’un qui a toujours positivé. Quels sont vos atouts pour vous lancer dans cette aventure ?

Le regard que je peux avoir sur mon vécu. Je fais partie de cette génération, « la génération tête à claques », pour qui claques et fessées faisaient partie de ce que j’appelle la violence ordinaire. Une violence qui pouvait aussi être verbale. Nous les enfants des années 70-80 nous avons encaissé sans rien dire. Persuadés que nous étions dans la normalité. 85 % des familles françaises trouvaient cela normal en 1999.

J’ai eu un père très affectueux, mais ma mère vivait dans un état de surmenage parental et professionnel J’étais la cinquième de la fratrie et les relations étaient très compliquées avec elle. Avec le recul, j’ai compris beaucoup de choses, et j’ai pardonné. Aujourd’hui je l’aime énormément. Mais je me dis que tout cela aurait pu être sans doute évité.

Vous souhaitez donc réaliser un documentaire témoignage pour qu’il soit ensuite diffusé ?

Oui, je cherche aujourd’hui des gens nés avant les années 2000 et qui voudraient témoigner de ces violences ordinaires qu’ils ont subies. Je n’inclus pas les violences sexuelles, ça, c’est autre chose. Il me faudrait une dizaine de personnes qui acceptent de raconter leur enfance et les conséquences sur leur vie d’adulte car on sait que cela peut générer, des dépressions, des burn-out, des problèmes de drogue, d’addictions diverses, voire des suicides. Mais aussi leurs remèdes à la mélancolie pour aller bien aujourd’hui.

Comment faire pour participer à votre projet ?

On peut soit nous contacter pour une interview à caler avec nous, soit se filmer en format paysage de 5-10 minutes et nous envoyer le rush par mail. On n’est pas obligé de le faire à visage découvert : on peut filmer un objet par exemple durant la prise de vue. L’ensemble sera ensuite monté et soit diffusé sur Internet, soit disponible pour les organismes qui en font la demande.

Pratique