Le festival international de photojournalisme, Visa pour l’Image, démarre ce samedi 29 août 2026 et se poursuivra jusqu’au 13 septembre. Au cœur de cette édition, célébrant le bicentenaire de l’invention de la photographie, l’intelligence artificielle s’invite.

Pour la genèse, il y a 38 ans, Jean-François Leroy créait Visa pour l’Image à Perpignan avec la complicité de Roger Thérond, légendaire patron de Paris Match. Depuis, l’événement fête « la photographie et le journalisme, le droit à l’information et sa liberté dans un monde où de moins en moins de pays en disposent », selon les mots de Pierre Conte, président de l’association Visa pour l’Image. Mais cette édition prend aussi racine dans un autre sujet : « Vérifier l’information n’a jamais été aussi difficile face à une intelligence artificielle encore insuffisamment contrôlée ».

2026 a commencé sur une fausse photographie

En effet, cette année, Jean-François Leroy, absent pour la première fois cette année à Perpignan, entend défendre plus que jamais la photographie de presse. Dans son édito de la 38e édition de Visa pour l’Image, le directeur du festival prend notamment pour exemple une fausse photographie de l’ex-président vénézuélien Nicolás Maduro, le montrant menotté, entouré de deux marines : « 2026 a commencé sur une fausse photographie ». Une image qui a réussi à tromper des médias et des journalistes aguerris. Pour le créateur du festival, cet épisode illustre les dangers d’un monde où les réseaux sociaux sont devenus, pour certains, une source d’information à part entière. « Les fossoyeurs du réel » disposent désormais d’outils capables de fabriquer des images qui n’ont jamais existé.

« Peut-être la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver »

Mais le constat ne s’arrête pas là. Car paradoxalement, le directeur de Visa pour l’Image voit dans cette révolution technologique « peut-être la plus belle opportunité que le journalisme a de se sauver ». Il explique : « Ces modèles doivent être nourris de données fiables, récentes et vérifiées. Qui de mieux que les professionnels de l’information pour le faire ? » « Les vraies photos de Maduro à New York, menottes aux poignets, existent », rappelle ainsi Jean-François Leroy. Elles ont été réalisées par des journalistes professionnels, puis publiées par des médias qui « obéissent à une rigueur et à des règles », peut-être vieillissantes, mais « tellement importantes ».

À Perpignan, Visa pour l’Image entend donc poursuivre ce combat engagé il y a près de quarante ans : montrer le réel, le documenter et rappeler que derrière une photographie de presse se trouvent un journaliste, un terrain et des règles. À l’heure où l’IA peut tout fabriquer, c’est peut-être précisément cette chaîne de confiance qui devient la plus précieuse.