Une drogue extrêmement addictive qui fait des ravages chez les populations les plus vulnérables et dont la consommation est de plus en plus visible dans l’espace public.
« C’est mon père qui m’a fait consommer du crack pour la première fois. J’avais 19 ans. Mes parents étaient consommateurs, ma mère en est morte », nous confie Lilas. « Cela fait deux ans que je suis à la rue. J’ai fini dehors lorsque mon ex-mari est entré en prison. J’étais déjà consommatrice avant mais il m’avait aidé à m’en sortir. Quand il a été incarcéré, j’ai replongé », se souvient-elle.
« J’ai trois enfants âgés de 3 à 7 ans, ça fait près d’un an que je ne les ai pas vus. On m’a arraché mon dernier quand il avait un an », s’émeut-elle. « J’aimerais être hospitalisée, m’en sortir mais je n’arrive pas à passer le pas. Dès que je me réveille, je suis obligée de consommer, je ne pense qu’à ça, c’est très compliqué à gérer et ma famille ne m’aide pas », décrit Lilas, qui attendait son nouveau compagnon, consommateur également. « Je sais qu’un jour je vais mourir après un shoot… »
« Pour dix euros… »
« J’ai du mal avec les gens, avec la foule, c’est dur. Quand je suis en manque, je deviens agressive alors qu’à la base je suis une femme sympa, je suis gentille », nous dit-elle étranglée par un sanglot.
« Je prends une dose pour m’évader, pour oublier que je vis à la rue », confie Hicham, 35 ans, dont une quinzaine d’années dans la rue. « Le manque est violent, quand je n’ai rien, je ne pense qu’à ça, je dois trouver un caillou au plus vite », décrit-il encore. En plus de la forte addiction que génère le crack, son bas prix ne fait qu’accentuer sa consommation chez les plus vulnérables.
« En une dizaine de minutes tu trouves un dealer et pour dix euros, tu peux avoir du crack déjà préparé, c’est si facile de tomber dedans », conclut-il.