Il était temps que ce match arrive. Les Belges n’ont plus joué depuis dimanche dernier et cette élimination cruelle pour les demi-finales face à l’Espagne. « Nous avons vécu des journées moins drôles, souffle Van Doren. Le sport est ainsi. Nous devons nous relever et regarder vers l’avant. Ce qui s’est passé est derrière nous. »
Le capitaine des Reds a pris le pouls au sein de son équipe. « J’ai regardé les réactions des gars lors des interviews. Elles abondaient dans le même sens. Ils étaient déçus, mais personne ne tirait sur le groupe. Chacun se regardait dans le miroir. C’est dans l’adversité qu’on mesure la force d’un groupe. Nous étions plus dans l’incompréhension de ce qui nous était arrivé que dans le jugement. »
Parmi les sujets de réflexion, les protégés de Shane McLeod s’interrogeaient sur ces fameux trois matchs : défaite contre l’Allemagne (1-0), partages contre l’Australie (1-1) et l’Espagne (1-1). « Comment n’avons-nous pas réussi à remporter l’une de ces rencontres ? La situation aurait été plus facile si notre fond de jeu n’avait pas été bon. Ici, nous avons proposé un hockey de haut niveau. »
Il continue son bilan. « Nous avons une belle marge de progression en proposant déjà un jeu qualitatif. Il est difficile d’évaluer où se situe notre plafond, tant individuellement que collectivement. Si nous avions accroché cette demi-finale, nous nous serions rapprochés des 100 %. »
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si je reprends mes 14 ans de carrière en équipe nationale, je n’ai gagné que durant trois saisons. »
L’équipe traverse avec une certaine sérénité cette période de haute déception. Personne n’a envisagé de quitter le navire. Il faut dire que les Red Lions ont déjà décroché leur qualification pour les JO de Los Angeles en 2028. « La plupart d’entre nous ne se posent pas cette question. Je n’ai pas entendu un plus ancien qui envisageait de prendre sa retraite. En tout cas, moi, je reste. De toute façon, il ne faut jamais prendre des décisions à chaud. »
Arthur Van Doren a rejoint l’équipe nationale en 2012. S’il parvient à relativiser le revers de cette Coupe du Monde, c’est parce que, avant de tout gagner entre 2018 et 2021, il a vécu des défaites cruelles. « Les gens oublient qu’on a perdu beaucoup plus qu’on a gagné. Les sportifs retiennent plus longtemps la déception d’une défaite plutôt que la joie d’une victoire. Nous avons travaillé très dur pour arriver au plus haut niveau. Nous l’avons fait. Nous avons gagné les plus beaux titres. Ils nous appartiennent. Mais, si je reprends mes 14 ans de carrière en équipe nationale, je n’ai gagné que durant trois saisons. Nous avions perdu plus que nous avons gagné. Les médias rendent notre parcours plus romantique. Nous, les joueurs, nous savons que tout est dur. »