Pour rappel, ce complexe hospitalier sera d’une capacité maximale de 441 lits, de 129 places de jour, et comptera une crèche de 42 places. Dans le même dossier, il est question d’un aménagement autoroutier de grande ampleur, une nouvelle bretelle d’autoroute, donnant accès au site depuis l’E411, chemin des Charrons, à Wavre. Les requérants – l’ASBL Wavre Notre Ville, un architecte, et quatre particuliers représentés par un avocat – demandent au Gouvernement wallon d’annuler purement et simplement le permis unique, ou a minima, de rouvrir l’instruction pour réexaminer des points précis.

Nouvelle clinique Saint-Pierre à Wavre: la région wallonne donne son feu vert malgré les recours

« La décision attaquée compte près de 400 pages et 200 pages d’annexes, précise l’avocat Alexandre Paternostre. Et nous n’avons eu que 20 jours pour réagir. C’est beaucoup trop court ! C’est le premier de nos arguments. »

Le cabinet développe évidemment d’autres moyens: le projet viole les règles de plusieurs outils d’aménagement du territoire (plan de secteur, SDT, SOL…) ; l’étude d’incidences sur l’environnement est lacunaire et biaisée ; la modification des chemins autour du site (permis « voirie ») réduit le nombre de cheminements piétons/cyclistes au lieu de le renforcer comme l’exige la loi, etc.

D’autres requérants mentionnent que les nuisances liées au fonctionnement de l’hôpital sont insuffisamment prises en compte, ou encore que l’impact réel des gabarits du projet est très fortement sous-estimé. Simulations volumétriques à l’appui, l’un des requérants soutient que le bâtiment reste visible et imposant depuis le quartier nord, y compris pour les niveaux censés être enterrés.

En attendant ce permis, le chantier vivote: « Sur le terrain, il se passe des choses, ce n’est pas nouveau. Il y a déjà eu des forages, des déplacements, le passage d’entreprises de terrassement, etc. Théoriquement, ce n’est pas interdit, mais raisonnablement, il faudrait attendre la décision du Conseil d’État pour commencer le chantier. Si des dommages sont causés, une réparation sera réclamée », souligne Vincent Denis, riverain opposant, qui n’ignore pas que la démolition d’une partie du Domaine du Blé est prévue pour le début septembre.

« Si le gouvernement wallon confirme purement et simplement l’octroi de ce permis, nous irons devant le Conseil d’État. Il y a un peu plus de 90 citoyens derrière l’ASBL Wavre Notre Ville. Avec eux, nous exercerons tous les recours possibles, parce que nous voulons jouer le jeu de la démocratie, complètement. »