Pierre Fagniez

Par Pierre Fagniez

Publié le 29 août à 06h42

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Une bière au comptoir rapporte des taxes à l’État, mais son coût social pèse bien plus lourd dans la balance. Un alcoologue et un représentant du secteur brassicole confrontent leurs chiffres. Reportage de Loïc Parmentier et Nicolas Foulon.


Quand on consomme une bière, du vin ou de l’alcool, cela rapporte de l’argent à l’État… mais au final, c’est l’État qui paie sa tournée, et l’addition est même trois fois plus salée : c’est le coût social de l’alcool.


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L’alcool rapporterait aux caisses de l’État 1,5 milliard d’euros en taxes diverses. Ses conséquences coûteraient en revanche 4,2 milliards d’euros à la Belgique, selon les dernières estimations, réalisées en 2013 par un professeur d’université gantois.




Un coût social aux multiples facettes

Pour comprendre ce coût social, direction l’université de Louvain, où Martin De Duve, alcoologue et directeur d’Univers Santé, détaille les postes concernés.

« Les coûts liés aux soins de santé, les pathologies chroniques liées à l’alcool, mais il y a aussi évidemment l’absentéisme au travail, la mortalité prématurée, les violences sexistes et sexuelles, les violences conjugales, l’accidentologie : tout ça a un impact assez important sur les coûts, explique-t-il. C’est vrai que l’alcool rapporte, mais en fait, les coûts sont bien plus importants que ça. »

Le secteur brassicole défend son poids économique

Ces résultats et ces conclusions sont toutefois remis en cause par le secteur, qui avance l’argument économique.

« 7 000 emplois directs, plus de 50 000 emplois indirects, qui apportent bien entendu aussi des impôts, souligne Krishan Maudgal, directeur de la Fédération des brasseurs belges. Donc c’est quelque chose qui, au niveau économique, représente 1 % du PIB belge. »



Des recettes qui ne couvrent pas les dépenses

Ce 1 % du produit intérieur brut représente 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et ce, uniquement pour la bière : le vin et les alcools forts ne sont pas comptabilisés ici.


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Reste néanmoins ce constat : l’État a plus de dépenses pour les conséquences de l’alcool que de recettes en taxes, en accises ou encore en impôts.



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