Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter ce projet ?
« L’idée venait de la RTBF, qui a choisi le format. Quand ils me l’ont proposé, j’ai dit oui tout de suite avec un grand bonheur. J’adore le jeu et le partage avec le public. C’est une vraie bulle d’air : le temps de quelques minutes, on oublie les soucis du quotidien, la morosité et le flux des mauvaises nouvelles. Dans le contexte médiatique actuel, se voir confier une telle émission est une grande chance. Je me sens avant tout très chanceuse et remplie de gratitude. »
Vous vous êtes lancée sans pression ?
« La pression, je l’apprivoise déjà au quotidien à la radio où j’anime du jeu tous les jours, et j’avais présenté Les Associés pendant plusieurs saisons. L’exercice du jeu ne m’est donc pas inconnu. Après, c’est vrai qu’au moment d’aborder un format totalement inédit, il y a toujours une petite pointe de trac légitime. Mais l’enthousiasme a très vite pris le dessus. »
Comment parvenez-vous à imposer votre personnalité dans un jeu très codifié ?
« C’est vrai qu’un jeu est mécanique par définition : il y a des manches, des règles, et les gens jouent pour de l’argent réel, donc le cadre doit être respecté. Ce que j’apporte, c’est mon sourire, une vraie écoute et le plaisir sincère de jouer avec eux. Que ce soit en talk-show ou dans un jeu, ma marque de fabrique a toujours été le naturel, la simplicité, la spontanéité, l’humour et l’autodérision. Je n’ai pas de rôle : je suis à l’antenne exactement la même que dans la vie de tous les jours. »
Quel est votre rôle exact auprès des candidats ?
« Je suis simplement une passeuse ! Ce moment appartient aux candidats. Ce sont des gens du public qui se sont préparés, qui sont ravis de venir à la télévision et de jouer. Mon rôle est de les mettre en valeur, de les détendre et de partager ce moment de plaisir avec eux. C’est magique de vivre ça dans la rigolade. »
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Le dimanche soir est très concurrentiel. Redoutez-vous les audiences ?
« Aujourd’hui, les audiences sont un sujet complexe parce que les habitudes de consommation et les écrans changent. Mais au final, c’est toujours le public qui a raison. Malgré la concurrence du dimanche, je pense qu’une maison comme la RTBF se doit de proposer un jeu 100 % belge, avec des questions de chez nous et des candidats de chez nous. Notre public est très joueur, il y avait une réelle attente. »
Vous avez fait une pause télé. L’obligation d’image devenait lourde à porter ?
« Ce qui a pu me peser à un moment, c’est effectivement le côté « image » : le maquillage, la coiffure, le choix des vêtements… Dans la vraie vie, je m’en fous complètement de tout ça ! J’avais besoin de prendre un peu de distance pour revenir à la radio, mon média de cœur. La radio offre une simplicité et une spontanéité que la télé n’a pas, car l’image alourdit toujours un peu le message. »
On vous qualifie souvent de fille sympa. Avez-vous dû vous battre pour prouver votre légitimité ?
« Être perçue comme la fille sympa ou la bonne copine est un immense compliment pour moi. Je n’ai aucun problème d’ego ou de besoin de reconnaissance culturelle ou intellectuelle. Quand j’ai créé le 6-8, c’était dans cet esprit convivial et accessible. Si les gens m’aiment pour ma simplicité, j’en suis très fière. »
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Comment vivez-vous votre popularité dans ta vie personnelle au quotidien ?
« Ça a évolué. Au début, je ne me rendais pas compte, puis la notoriété a grandi. Ça ne m’a jamais dérangée d’être interpellée quand je fais mes courses. Mais j’ai aussi une vie de famille avec deux enfants et un mari. Avec les années, je suis devenue plus casanière, j’aime rester chez moi lire mes bouquins. Quand on traverse des moments plus difficiles dans sa vie personnelle, il est parfois délicat de devoir garder le sourire en public car on ne peut pas « éteindre » sa notoriété. »
Vous autorisez-vous à montrer vos coups de fatigue ou de mauvaise humeur à l’antenne ?
« Par respect pour le public qui nous écoute ou nous regarde, je ne montre pas mes coups de mou. L’humeur est communicative, alors je me fais un devoir d’être positive. Quand je ne vais pas bien, je préfère m’écarter poliment. C’est aussi pour cela que j’ai pris mes distances avec les réseaux sociaux : plutôt que d’alimenter les critiques ou la malveillance, je préfère m’éloigner et passer mon chemin. »
Si vous deviez donner un conseil à la Sara qui débutait il y a 15 ans ?
« Je lui dirais : « Prends le temps de réaliser ce qui t’arrive ! ». À 30 ans, entre le 6-8 et Viva for Life, j’étais tellement la tête dans le guidon que je ne mesurais pas toujours la chance et l’ampleur de ce que je vivais. Aujourd’hui à 46 ans, je ne regrette rien. La vie est un apprentissage : on fait des erreurs, on apprend et on avance sans ressasser. »