Sophie Mercier

Par Sophie Mercier

Publié le 31 août à 06h00

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L’affaire Grégory Lenoci, qui a abouti à le condamner à 17 ans de prison, continue d’alimenter le débat. Pour comprendre pourquoi le tribunal de Namur a évoqué un risque de récidive dans son jugement, RTL Info s’est procuré des documents exclusifs. Ils détaillent avec précision deux agressions commises avant sa condamnation. Un reportage de Benjamin Samyn et Marius Chodé.


Lors de son jugement du 20 août, le tribunal correctionnel de Namur a souligné le caractère impulsif et violent de Grégory Lenoci, en insistant sur son état de récidive. Nous nous sommes procuré des documents judiciaires qui détaillent ses condamnations précédentes. Notamment une agression commise sur un détenu porteur d’un handicap, Jean-Marc L., qui l’aurait regardé de travers, selon lui.

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Des faits qui ont eu lieu dans le préau de la prison de Dinant le 15 juillet 2020 et pour lesquels il a été condamné à 18 mois de prison. « Le prévenu Grégory Lenoci porte de nombreux coups à Jean-Marc L, indique le document judiciaire consulté par notre journaliste Benjamin Samyn. La victime ne riposte à aucun moment. Le prévenu continue de porter des coups alors que Jean-Marc L. est tombé au sol, et ce jusqu’à ce qu’un autre détenu vienne les séparer. La victime se rend alors à la grille pour demander de l’aide aux gardiens. Grégory Lenoci revient vers la victime par derrière, lui porte un coup de pied puis une nouvelle série de coups. La victime est sourde et muette. Les agents de la prison soulignent que le prévenu avait demandé un transfert qui lui a été refusé. En agissant de la sorte, il savait qu’il serait transféré d’office ».




« Une agression ayant entraîné une incapacité »

Cette agression a été prise en compte par les magistrats namurois. « Le tribunal a évidemment tenu compte de ce fait précédent : il s’agit d’une agression ayant entrainé une incapacité, indique Henri Laquay avocat, spécialiste en droit pénal. Donc, c’était déjà à l’époque un fait aggravant car il y a un préjudice temporaire ou définitif de la victime ».

Une autre agression survenue dans un café

C’est dans un café de Gembloux, en août 2018, qu’un autre fait a eu lieu. À la suite de l’incident violent, le propriétaire, pris à partie par Grégory Lenoci, a remis son établissement. Un témoin raconte les faits. « Lenoci a foncé sur lui et a commencé à le rouer de coups, peut-on lire dans la retranscription de l’audition du 28 novembre 2018. Il lui gueulait dessus pour se défouler. La scène a duré trois à quatre minutes. Après cela, un quidam est intervenu pour les séparer. Il l’a écarté afin de le protéger de son agresseur. Lenoci est ensuite entré dans l’espace client, a pris un verre de bière à moitié rempli et l’a balancé sur la vitrine. Il s’est emparé d’un tabouret avec lequel il a tapé sur la vitrine et les bingos. En redescendant, nous avons constaté que le café avait été saccagé ».

Comprendre que ces faits de violence « n’ont pas leur place dans notre société »

Pour ces faits, il écope d’une peine de 2 ans de prison. Le casier judiciaire de Grégory Lenoci a été analysé et mis en perspective par les magistrats. « Quand un tribunal doit juger une personne pour une tentative d’assassinat et que le tribunal se rend compte que cette personne a plusieurs antécédents spécifiques d’agressions et de violences, le tribunal rend une décision beaucoup plus sévère car la personne est en récidive et que le tribunal peut se dire que la personne n’a pas encore compris que les faits de violence n’ont pas leur place dans notre société », explique Henri Laquay, avocat spécialiste en droit pénal.

Selon nos informations, Grégory Lenoci n’avait pas fait appel de ses condamnations. Contacté, Michel Degrève, le nouvel avocat de Gregory Lenoci, nous déclare ne pas pouvoir réagir actuellement, car il ne dispose pas encore du mandat officiel de son client pour commenter les décisions de justice.