Le grand bouquet d’ouverture de Kanal révélé
Ce sera pour les visiteurs d’abord la découverte de ce musée et ses expos, mais aussi celle des lieux pour les performances, la danse, la musique et le cinéma et des espaces gratuits, comme une ville dans la ville, avec un restaurant, une brasserie, une bibliothèque, une boulangerie et un bar sur le toit.
![Otobong Nkanga à l’expo d’ouverture de Kanal avec « Veins Aligned [with] A Lapse, a Stain, a Fall »](https://www.europesays.com/be-fr/wp-content/uploads/2026/08/1788189179_438_S5VKD3X55FFF3BW6V4SEHXNP7I.png)
Otobong Nkanga à l’expo d’ouverture de Kanal ,avec « Veins Aligned [with] A Lapse, a Stain, a Fall ». ©ANDREA AVEZZU’ www.andreaavezzu.com
Mais, dès le 18 septembre, Bozar créera l’événement, avec une grande exposition consacrée à William Kentridge. Artiste complet, 71 ans, fils d’un avocat blanc de Johannesburg spécialisé dans la défense des victimes de l’apartheid, il a créé au fil des années une œuvre vaste et multidisciplinaire. Il compte parmi les artistes contemporains les plus protéiformes, alliant le dessin, le film, le cinéma d’animation (des films bouleversants et poétiques, crayonnés au charbon de bois, sur les drames de l’Afrique du Sud), la sculpture, la tapisserie, ainsi que le théâtre et l’opéra pour ses œuvres, politiquement engagées, portant sur la migration, l’oppression des peuples, la transmission de l’histoire et le rôle de l’artiste dans une société sous contrainte. Une œuvre restée nécessaire et urgente. Bruxelles rend ainsi hommage à un homme que notre pays avait largement révélé en 1995, quand Frie Leysen l’avait invité au Kunstenfestival. Comme « Grand Invité » de Bozar, il proposera en plus une riche programmation multidisciplinaire.
Tout l’univers poétique et politique de Kentridge exposé à Arles
Bozar enchaînera, dès le 2 octobre, avec une seconde grande exposition consacrée au très beau peintre belge Jean Brusselmans (1884 – 1953) et à son univers singulier, qui fait le lien entre les artistes de Laethem, qu’il a côtoyés, et les artistes contemporains. Depuis 50 ans, son œuvre trouve un intérêt toujours nouveau et grandissant, faisant de lui, sous plusieurs aspects, un précurseur.

Jean Brusselmans, « Le bain des vagabonds » (1936) à Bozar. ©Credit : D.R.
Dès le 14 octobre, Bozar proposera également une « rencontre » entre l’artiste belge Edith Dekyndt et les archives, rarement exposées, du couturier Cristóbal Balenciaga (1895-1972).
Après avoir inauguré leur collaboration en février à la galerie Hufkens, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker et le peintre Steven Fillet poursuivent leur duo cette fois au Macs Grand-Hornu (8/9), avec une série de sept peintures monumentales réalisées à Belle-Île, en Bretagne. En dialogue avec ces œuvres sur toile, ATDK présentera un nouveau solo en collaboration avec Alain Franco, inspiré de la sonate pour piano n°32 de Beethoven.
Au Wiels, place au plasticien franco-libanais Ali Cherri (dès le 5/9). « Je m’intéresse au mélange et au dialogue des matériaux entre eux », disait-il lors de son invitation à la Bourse de Commerce à Paris. L’exposition interrogera la manière dont les États, les armées et les musées façonnent la mémoire collective et l’Histoire.
Le BPS 22 rend hommage (26/9) à l’œuvre de la Française Anita Molinero (née en 1953) qui travaille uniquement à partir d’objets manufacturés qu’elle récupère après usage. Souvent qualifiée de « punk », sa pratique se caractérise par des gestes brutaux et irréversibles qui violentent les objets récupérés. Une œuvre emblématique d’un monde dominé par la surproduction et l’épuisement des ressources naturelles.
À l’espace Vanderborght à Bruxelles (4/9), sous le commissariat de Didier Claes, prendra place une grande exposition collective sur l’art africain classique et contemporain, avec 250 œuvres : Africa Legacy, Berceau de l’art.

Malik Sidibé Nuit de Noël à l’exposition Africa Legacy ©Crédit : Malik Sidibé
Plusieurs beaux parcours Art-Nature sont proposés : la Biennale Butor à Molenbaix, près de Tournai, et la Biennale d’Enghien du 5 au 20 septembre, avec, parmi les artistes, Sofie Muller, Grayson Perry, Marie Rosen et un texte de l’écrivain Antoine Wauters.
Le Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK, le 9-10) consacre une exposition rétrospective à l’artiste gantoise Jenny Montigny (1875-1937),
Chez Native à Bruxelles, jusqu’au 26 septembre, on confrontera Spilliaert avec des artistes actuels.

Leon Spilliaert : « Digue » (1907). ©Crédit : collection privée
La Fondation Boghossian aussi honorera Léon Spilliaert avec Soleil Noir (22/10), exposition conçue autour de l’œuvre du peintre ostendais, qui retrace 130 ans de création artistique, de James Ensor à Michaël Borremans.
Chez Xavier Hufkens, on pourra découvrir (10/9) dans une exposition de taille muséale une des artistes les plus importantes d’aujourd’hui, Tatiana Trouvé.
Le musée des Beaux-Arts d’Anvers exposera (3/10) le sculpteur Philip Aguirre y Otegui avec ses engagements face aux tragédies humaines et l’espoir que la beauté puisse contribuer à réduire les inégalités sociales. Le KMSKA embrayera le 31/10 avec une expo Zadkine et la Belgique.
À Mons au Bam, on retrouvera Chagall (le 10/10) pour révéler comment les matières, les techniques et les collaborations ont nourri son imaginaire et transformé sa création, avec une sélection d’œuvres contemporaines de BeCraft.
Le 24/10, pour fêter 15 ans de travaux de restauration de l’abbaye du Parc à Louvain, une grande expo rassemblera 25 artistes belges et internationaux, dont Leonor Antunes, Edith Dekyndt, Jenny Holzer, Hana Miletić, Laure Prouvost, Cecilia Vicuña et Rossella Biscotti.
Cet automne aussi, La Cambre commencera ses événements commémorant ses cent ans en rappelant ses « élèves » et enseignants, comme Tapta. L’œuvre de celle-ci sera aussi à l’honneur au musée des Beaux-arts de Bruxelles (6/10) avec une rencontre avec les œuvres de Donald Judd.
Le Musée Art & Histoire au Cinquantenaire exposera l’art des peuples inuits (16/10).
À Liège, place à la Biennale de l’image possible (17/10) et à la Boverie (4/10) une grande expo, L’impressionnisme, une histoire belge, avec le rôle décisif joué par la Belgique dans l’essor de la modernité européenne.
À Tours & Taxis, expo sur l’univers troublant de Maurits Cornelis Escher et ses architectes impossibles (17/9).
Le Design Museum Gent rouvre ses portes le 3/10 avec une nouvelle aile et un concept muséal repensé.
Enfin, l’artiste chinois Ai Weiwei sera mis à l’honneur à la fois à la galerie Patrick Derom (19/9) et au musée Verhaeren (20/9) qui lui rendra hommage ainsi qu’à son père, le poète Ai Qing.
Bruxelles 1900 à l’honneur à Paris, Van Eyck à Londres
Des artistes belges seront au centre de deux expos importantes à l’étranger. Au Petit Palais à Paris, Bruxelles 1900 (10/11) plongera dans l’effervescence artistique de la capitale belge au tournant du XXe siècle à travers peinture, architecture, joaillerie et mode.
Et à Londres, autour de ce chef-d’œuvre absolu de Jan Van Eyck que sont Les Époux Arnolfini, la National Gallery exposera (20/11) les dix portraits connus réalisés par le peintre.

Jan Van Eyck Les époux Arnolfini ©Crédit Natilonal Gallery
L’automne, ce sera aussi le temps de découvrir la toujours passionnante Biennale de Lyon, sur le thème « Passer d’un rêve à l’autre » (19/9).
Une nouvelle importante fondation ouvrira ses portes le 17/10 à Paris : la Fondation Emerige, dans une architecture très contemporaine, sur l’Île Seguin. L’exposition inaugurale, intitulée Moteur Imaginaire, des chefs-d’œuvre de la Collection Renault aux artistes d’aujourd’hui, explore l’héritage symbolique du site historique des usines Renault de l’Île Seguin avec des artistes qui interrogent les relations entre l’humain et les machines.

Annie Leibovitz: Andy Warhol, New York City, 1976, à la Bourse de Commerce ©Crédit : Collection Pinault, Annie Leibovitz
La Fondation Vuitton (9/10), dans sa série d’expos Icônes de l’art moderne, évoquera le grand collectionneur et créateur Gustave Fayet.
La Bourse de Commerce, collection Pinault propose, dès le 7/10, une plongée dans l’histoire de la photographie, avec 700 œuvres de 70 artistes.
La Fondation Cartier ouvre dès le 22-10, tous ses espaces en face du Louvre à Ibrahim Mahama, artiste ghanéen majeur.
Focus, à Paris toujours, sur deux expos qui s’annoncent passionnantes consacrées à d’immenses peintres anciens : Zurbaran au Louvre (7/10) et Le Tintoret au musée Jacquemart-André (11/9).
Zurbaran à Bozar : On discutait ferme sur la virginité de la Vierge
Au Grand Palais (23/9), une exposition « inédite » consacrée à Paul Cézanne et à son héritage artistique (Matisse, Picasso, Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley et Peter Doig).
Au Musée d’art moderne de Paris, deux expos dès le 18/9 : la première, de la sculptrice Simone Fattal (la compagne d’Etel Adnan) et une autre, très forte, de Kerry James Marshall, star des peintres américains avec ses peintures monumentales.
Kerry James Marshall, star des peintres américains
Le Palais des Beaux-Arts de Lille donnera Carte blanche à la grande artiste de l’art textile, Sheila Hicks (9/10), avant d’évoquer plus tard le peintre William Turner et les artistes du « Grand Tour » (20/11).
À Amsterdam, au Stedelijk museum (11/9), exposition complète et immersive de Yayoi Kusama, après le triomphe public de celle-ci à Cologne au Ludwig museum.
À Bâle, la Fondation Beyeler inaugurera en octobre sa nouvelle aile, conçue par l’architecte suisse Peter Zumthor. La Fondation doublera ainsi la superficie de son parc et enrichira ses espaces d’exposition.
Le beau musée Matisse à Cateau-Cambrésis présentera une large exposition Fernand Léger, dès le 15/10.
Et au Louvre Lens, une expo au titre intrigant, Trop Mignon ! L’art du bonheur (23/9), proposera un voyage à la rencontre de nos émotions à travers l’histoire de l’art, de l’Antiquité à nos jours.