Pour ce faire, une obligation qui devait jusque-là être rencontrée a été supprimée. À savoir : la nécessité pour les candidats de réussir le certificat de management public (CMP). L’opposition y a vu un recul et une porte ouverte à la politisation à outrance de ces mandats.
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Précisons aussi que le nombre de mandats de dirigeants a été réduit, mais que les salaires ont été augmentés pour renforcer l’attractivité de ces fonctions auprès du secteur privé. Un bonus financier est aussi prévu en fonction des résultats obtenus par le manager qui pourra être évalué trois fois maximum chaque année. La ministre Galant a aussi introduit le CDI (contrat à durée indéterminée) pour ces postes. Pour recruter tout ce beau monde, un opérateur indépendant devra être désigné via un marché public. Il sera chargé de préparer l’assessment pour les candidats. Cet opérateur établira ensuite une liste qui sera envoyée au gouvernement wallon qui, in fine, sera toujours le seul organe décisionnaire.
Le professeur de la Solvay Brussels School (ULB) Marek Hudon qui suit ce dossier depuis longtemps s’interroge à propos de cette réforme.
Sa première interrogation concerne la procédure d’assessment et la place du politique dans la désignation des tops managers. « L’évolution me semble positive. À voir évidemment comment les assessment seront réalisés, mais aussi quelle sera la longueur de la liste de candidats envoyée au politique. Sera-t-elle si longue que l’assessment aura peu de poids face au politique, ou plus restreinte pour en se concentrant sur les meilleurs candidats ? Le fait que l’on introduise par ailleurs un contrat à durée indéterminée avec une clause résolutoire lors des changements de gouvernement a d’autres implications : la question du politique ne s’arrête donc pas au seul recrutement, elle se prolonge tout au long du mandat ».
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Sur la rémunération de ces futurs tops managers, il s’interroge aussi. « En résumant fort, le message sous-jacent est que les tops managers sont trop nombreux et insuffisamment compétents pour diriger efficacement l’administration publique. Ceci serait résolu en attirant des managers du privé. Cependant, quelles seront les garanties de compétences propres à la gestion publique ? Le passage dans la fonction publique pour quelqu’un venant du privé, ce n’est pas rien, c’est la raison pour laquelle je suggérais d’ailleurs une formation adaptée aux managers issus du secteur privé, une mini-version adaptée du CMP. »
Selon lui, la fin du CMP oublie la question de la compétence des candidats en matière de gestion publique. « Il faut être conscient que remplacer le CMP – qui vise à un renforcement de compétences – par un assessment – qui fait un bilan de compétences – ne va pas nécessairement aboutir à l’arrivée de personnes plus compétentes ».
À ses yeux, conclut-il, cette réforme n’est peut-être pas celle qu’il fallait pour dépolitiser ces nominations. « Moins de garde-fous sur la compétence, dépendance au calendrier électoral… ce n’est pas là le visage d’une administration dépolitisée », estime-t-il.