Eva Risko

Par Eva Risko

Publié le 31 août à 15h54

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Sécheresse, fortes chaleurs, incendies… L’été 2026 a une nouvelle fois confronté la Belgique aux conséquences du réchauffement climatique. Des phénomènes auxquels le pays va devoir davantage se préparer, préviennent les climatologues Jean-Pascal van Yperseele et Pascal Mormal, invités sur le plateau de Jim Nejman dans le « 15 minutes pour tout comprendre » de ce lundi.


Après les fortes chaleurs et la sécheresse qui ont marqué ces dernières semaines, les importants incendies survenus dans les Hautes Fagnes ont remis une question au centre des préoccupations : la Belgique est-elle suffisamment préparée aux événements climatiques extrêmes ?

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Pour Jean-Pascal van Ypersele, climatologue à l’UCLouvain et ancien vice-président du GIEC, la réponse est claire. « Elle n’est pas assez préparée. Je crois qu’on doit beaucoup plus se préparer à ce climat qui va encore évoluer malheureusement », a-t-il expliqué sur le plateau de « 15 minutes pour tout comprendre ».




« Il ne faut pas s’y résigner »

Le constat est inquiétant, mais Jean-Pascal van Ypersele refuse pour autant d’en faire une fatalité. « Il faut à la fois s’y préparer, mais il ne faut pas s’y résigner », insiste-t-il.

Face à cette évolution, il insiste sur la nécessité d’agir sur deux fronts. D’une part, la Belgique doit mieux s’adapter et se préparer aux conséquences du réchauffement. D’autre part, il faut continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour éviter que celui-ci n’atteigne un niveau auquel il deviendrait extrêmement difficile, et coûteux, de s’adapter. « Il faut à la fois se préparer à ce climat qui devient de plus en plus turbulent, avec de plus en plus d’événements extrêmes, et en même temps veiller à réduire les émissions de gaz à effet de serre », insiste Jean-Pascal van Ypersele.

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Car investir dans la prévention peut également permettre d’éviter des coûts bien plus importants par la suite. « Parfois, l’argent dépensé pour tenter de s’adapter est moins important que l’argent qui sert notamment à réparer », rappelle le climatologue.




L’objectif de 1,5°C est-il encore atteignable ?

Limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle : c’est l’objectif fixé par l’Accord de Paris. Mais est-il encore réaliste ? « On risque très fort de dépasser ce niveau-là au niveau mondial. Il faudra le reconnaître dans les années qui viennent », admet Jean-Pascal van Ypersele.

Pour le climatologue, ce probable dépassement ne signifie toutefois pas qu’il faut abandonner cet objectif. « On peut aussi dépasser cet objectif-là et tout faire pour redescendre en dessous de cette limite plus tard », explique-t-il.

Il prend pour comparaison la sécurité routière. « Un objectif politique raisonnable, c’est de dire qu’il faudrait zéro mort sur les routes. Est-ce qu’on va y arriver demain ? Ça va être assez difficile. Est-ce que pour autant, on doit abandonner un objectif comme celui-là ? Non. »

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Même logique pour le climat : « Il faut garder cet objectif-là. Il faut tout faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre le plus possible, décarboner, quitter les combustibles fossiles le plus vite possible. »

En parallèle, prévient-il, il faudra se préparer à vivre avec un climat qui « va continuer pendant un certain temps à se réchauffer », probablement « un petit peu au-delà d’1,5 degré ».

Les incendies ne sont pas nouveaux en Belgique, mais…

Les incendies de grande ampleur ne constituent pas un phénomène totalement inédit dans notre pays. Le climatologue Pascal Mormal rappelle que la Belgique en a déjà connu à plusieurs reprises : dans les Fagnes en 2011, dans la Campine en 1976, mais aussi en 1947 ou encore lors du grand incendie des Fagnes de 1911. « C’est quelque chose qui vient de manière régulière dans le climat », explique-t-il.

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La différence aujourd’hui réside notamment dans les conditions qui favorisent et amplifient ces phénomènes : « Il est clair que le réchauffement climatique a certainement amplifié le phénomène. » Cet été, tous les ingrédients étaient justement réunis. À la station météorologique du Mont-Rigi, huit des 30 températures les plus élevées enregistrées en un siècle l’ont été au cours du seul été 2026, selon le climatologue. À ces températures particulièrement élevées se sont ajoutés environ un mois et demi de sécheresse, une très faible humidité et du vent.

Une combinaison particulièrement propice à la propagation des flammes. Et un aperçu des risques auxquels la Belgique pourrait devoir se préparer de plus en plus souvent à mesure que le climat se réchauffe.



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