Aussi mouvementé qu’une attraction foraine, Indiana Jones et le Temple maudit avance à un tel rythme qu’on en oublierait certaines incohérences de scénario. À l’occasion de la diffusion du film, mercredi 24 janvier 2026 à 21h10 sur M6, retour sur l’une d’entre elles, liée à une scène coupée, invisible aujourd’hui.
Un temps mal aimé dans la saga créée par George Lucas et Steven Spielberg (ça a changé après la sortie du quatrième volet, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal, descendu en flammes par de nombreux fans et certains critiques) Indiana Jones et le Temple maudit est aussi considéré par un cercle de passionnés comme la plus trépidante des aventures du célèbre archéologue au Fedora. Après de multiples visionnages du film, certains de ces spectateurs les plus attentifs (ou les plus tatillons), ont même remarqué un drôle d’enchaînement de scènes : après avoir échappé de justesse au terrible Mola Ram et à ses assassins, Indiana Jones, Demi-Lune (interprété par Ke Huy Quan, qui a fait un spectaculaire come back dans Everything, Everywhere All at Once) et Willie embarquent dans un chariot de mine pour prendre la fuite. Mais ce moyen de transport hyper dangereux aurait pu être évité en empruntant un pont de bois qui avait permis de faire évacuer les enfants esclaves de la mine. Seulement, celui-ci est réduit en flammes avant que nos héros puissent le franchir. Cette scène, tournée par Steven Spielberg, nous ne la verrons jamais car il n’en reste plus que quelques photos de plateau.
Indiana Jones et le Temple maudit, un film aussi grisant que des montagnes russes
Pour nombre de spectateurs, dont votre serviteur, de multiples visionnages du film n’ont pourtant jamais éveillé le moindre soupçon d’incohérence entre ces deux scènes. En effet, le cinéaste est parvenu à entraîner ses spectateurs dès le début du film dans un véritable rythme de montagnes russes : séquence d’introduction entre comédie musicale et hommage à James Bond, crash d’avion, rafting improvisé sur des rapides, dîner bien peu ragoutant, inquiétant sacrifice rituel et bien sûr la fameuse poursuite en chariot. À tel point qu’on n’a que très peu de temps pour réfléchir à la logique des enchaînements entre les séquences. Les spectateurs acceptent ainsi probablement un lot d’incohérences considérable, qui fera grincer des dents les puristes… Mais qui démontre aussi la foi d’un réalisateur dans son métier, plaçant la mise en scène et l’art du divertissement avant toute autre considération pour offrir à son public un spectacle total. À ce titre, Indiana Jones et le Temple maudit n’a pas vraiment vieilli et représente encore un modèle de blockbuster qui ferait pâlir d’envie certains cinéastes d’action contemporains.