Demna Gvasalia a été nommé directeur artistique de la maison Gucci il y a un an, après un passage marqué chez Balenciaga.

GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP via Getty Images

Demna Gvasalia a été nommé directeur artistique de la maison Gucci il y a un an, après un passage marqué chez Balenciaga.

« Quel revirement lamentable ! » Voilà une critique bien salée pour le premier défilé de Demna chez Gucci, nommé il y a un an à la direction artistique. La présentation de sa première collection pour la maison italienne, ce vendredi 27 février, était probablement le moment le plus attendu de la Fashion Week de Milan. Les excès y sont assumés. Les pantalons très skinny côtoient les jupes très courtes et les tailles très basses, à l’image de Gucci des années 90.

Mais les choix du créateur géorgien n’ont pas été du goût de tous, à commencer par PETA. « Après avoir défendu l’innovation textile et instauré une interdiction des peaux d’animaux sauvages chez Balenciaga, Demna a vendu son âme pour un titre clinquant et fait désormais défiler des serpents et des crocodiles morts sur le podium de Gucci », a écrit l’association à but non lucratif dédiée à établir et protéger les droits de tous les animaux. Et d’ajouter dans son communiqué : « Un spectacle digne de rebuter toute personne ayant une conscience. »

Une critique loin de tomber à point quinze jours à peine après la publication des résultats annuels du groupe Kering, minés par les mauvaises performances de Gucci justement. Le groupe accuse de fortes baisses depuis trois ans maintenant, et Demna avait justement la charge de relancer la maison.

Gucci en retard ?

PETA ajoute : « Sa marque accuse désormais un retard sur des entreprises avant-gardistes comme Chanel, Victoria Beckham, Hugo Boss, Burberry et bien d’autres, qui ont tourné le dos à une industrie cupide et cruelle qui décapite des lézards, gonfle des serpents vivants à l’air, enfonce des tiges métalliques dans la colonne vertébrale des crocodiles et tranche la gorge de jeunes autruches. »

L’association précise également que ces « matières » sont interdites aux Fashion Weeks de Londres et de Copenhague. « Si Demna veut que Gucci reste pertinent, il doit bannir immédiatement tous ces articles tachés de sang », prévient PETA.

Outre ces dénonciations, le show promis par Demna a su en surprendre plus d’un. En renouant avec l’époque où Tom Ford était directeur artistique de la maison, il a joué sur l’érotisme ou le sensuel, domaine qu’il a pu emprunter durant sa carrière. En clôture du défilé, Kate Moss apparaît avec une robe au décolleté dorsal très (très) plongeant, laissant apparaître un string logotypé « GG ». Un retour de la robe string s’inscrit dans le virage radical qui avait, à l’époque, redéfini l’identité de la maison, comme le note Elle.