Yasmine Meziani

Par Yasmine Meziani

Publié le 01 septembre à 16h45

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Bart De Wever remet la réforme de l’État sur la table. Dans notre émission « 15 minutes pour comprendre », le politologue Dave Sinardet analyse la stratégie du Premier ministre aux côtés de Martin Buxant et de Jim Nejman.


Un Belge sur deux soutient la réforme de l‘État que Bart De Wever veut mettre en place. Mais ce projet reste-t-il vraiment possible ? Dans notre émission « 15 minutes pour comprendre », Dave Sinardet, professeur en science politique, et Martin Buxant, notre journaliste politique, ont décrypté les intentions réelles du chef du gouvernement ce mardi.

Un état qui arrive au « bout d’un cycle »

Selon Martin Buxant, Bart De Wever veut réformer un État qui arrive « au bout d’un cycle ». « Il pourrait se planquer en disant : il faudra réformer les pensions, les allocations de chômage, toute une série de soins de santé, des réformes socio-économiques. Mais là, il dit : non, il faudra réformer cet État ». Un leitmotiv que le Premier ministre répète depuis des années. Et sur lequel il n’a pas changé, souligne notre référent politique.




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Dave Sinardet nuance cependant l’urgence de cette réforme. Selon lui, ce n’est « clairement pas sa priorité ». « Il n’est pas en premier lieu là-dessus », précise le professeur de science politique à la VUB et à l’UCLouvain. « C’est plutôt effectivement les réformes socio-économiques dont il parle ».

Bart De Wever a même indiqué vouloir continuer pendant cinq ans avec « un gouvernement similaire ». L’objectif, selon le professeur en politique, est d’aller « jusqu’au bout de l’assainissement budgétaire ». « Donc même à ses yeux, dans cinq ans, il n’y aura pas nécessairement de réforme de l’État », note Dave Sinardet.

Une stratégie de communication ?

Martin Buxant décrit un Premier ministre qui « n’aime pas le conflit ». Dave Sinardet y voit là « une stratégie de communication. De se présenter un petit peu comme quelqu’un qui est à la merci des présidents de partis, qui lui rendent la vie difficile ». Selon le politologue, le Premier ministre pourrait ainsi se décharger de la responsabilité d’un échec : « Si demain, ça ne réussit pas, alors ce ne sera pas de sa faute. Il aura tout essayé ».



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Mais le système belge impose ses règles. « On est dans un système de coalition en Belgique, comme dans d’autres pays. C’est clair que chaque président de parti ou chaque parti a un droit de veto. Ils doivent tous être d’accord pour avancer ». Pour autant, cette contrainte n’exonère pas le chef du gouvernement de sa responsabilité. « Mais en même temps, c’est quand même aussi la responsabilité d’un Premier ministre de trouver le compromis entre les différents partis. Il ne peut pas dire finalement que ce n’est pas sa faute ».

Entre priorités budgétaires et contraintes de coalition, cette réforme de l’État pourrait bien attendre encore quelques années. La volonté est là, mais les conditions ne sont pas encore réunies, d’après nos experts en politique.



Bart De Wever
Dave Sinardet