Du personnel « forcé » à voler
« Le manque de volontaires ne justifie pas que l’on contraigne les travailleurs, estime Jolinde Defieuw, représentante de l’ACV Puls. Quiconque a de sérieuses objections d’ordre sécuritaire ou de conscience doit pouvoir refuser ces vols sans subir de conséquences financières, professionnelles ou disciplinaires. Pourtant, Brussels Airlines refuse de donner à ses employés la possibilité de refuser de telles missions. Cela revêt une importance particulière dans le contexte de la guerre en cours et du génocide à Gaza ».
Selon Brussels Airlines, la situation est suffisamment sûre pour reprendre les vols. « Nous avons un groupe d’experts qui analyse la situation en temps réel, explique Nico Cardone, le porte-parole de la compagnie. « La situation est désormais assez stable : nous pouvons donc réintégrer Tel-Aviv dans les horaires comme une destination normale pour le personnel de bord. La sécurité reste toujours notre priorité absolue ».
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Jolinde Defieuw conteste cette évaluation. « Lors d’une reprise antérieure, un missile avait frappé le site de l’aéroport Ben Gourion, peu avant le départ prévu d’un vol », explique-t-elle. « Le SPF Affaires étrangères souligne par ailleurs également la situation sécuritaire instable et déconseille tout voyage non essentiel vers Israël et Jérusalem ».
« La Belgique déconseille aussi d’aller en République démocratique du Congo, ce qui ne nous empêche pas d’y aller », répond Nico Cardone. Et la compagnie de se poser la question. « Est-ce que la motivation des syndicats est sécuritaire ou politique par rapport à la situation à Gaza ? Ce n’est pas à nous de juger un gouvernement. Si la sécurité est garantie et que la demande est là, on peut commencer les vols. Nous ne sommes pas un parti politique ».
Notons qu’un conflit avait déjà éclaté à ce sujet en 2025. « À l’époque, Brussels Airlines fonctionnait officiellement avec des listes de volontaires, mais même ce caractère volontaire était remis en question. Les membres du personnel disposés à assurer ces vols recevaient des primes en contrepartie », explique ACV Puls.
Le préavis de grève est effectif depuis aujourd’hui, 1er septembre. Si Brussels Airlines ne revient pas sur sa décision, des actions syndicales pourraient être engagées. « Les perturbations éventuelles se limiteront exclusivement aux vols à destination et en provenance de Tel-Aviv. ACV Puls apportera son soutien à tout employé refusant de voler vers une destination en guerre », conclut Jolinde Defieuw.